Ventouse pour saignées (verre soufflé) -
محجم للفصادة
Musée de la Médecine et des Sciences arabes - Damas - Syrie

Ventouse pour les saignées - Musée de la Médecine et des Sciences arabes ; Damas - Syrie

Saignée
(الفصادة)

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  • Définition médicale :
    • Il s'agit d'une évacuation d'une certaine quantité de sang chez un malade à des fins thérapeutiques.
    • Anatomie : le pli formé par le bras et l'avant-bras (saignée du coude), car c'est à cet endroit que l'on réalise le plus souvent les saignées générales.
  • Classification :
    • La saignée générale :
      Elle permet d'évacuer une certaine quantité de sang de la circulation snaguine générale ; elle est réalisée techniquement :
        • soit par ponction ou section d'une veine (phlébotomie),
        • soit par ponction ou section d'une artère (artériotomie),
      • Actuellement la saignée générale (par ponction veineuse à l'aide d'un cathéter) est indiquée dans les oedèmes pulmonaires aigus, sévères résistants au traitement médicamenteux, le coeur pulmonaire chronique en phase asphyxique, puis dans la polyglobulie (érythrémie ou maladie de Vaquez), et l'hémochromatose.

      • D'après Avicenne (Afshéna 980 - Hamadan 1037), dans son célèbre livre "Al-Qanûn"
        Les sites où les saignées sont effectuées, mécanismes d'action, et précautions :
        • Avicenne décrit toutes les régions anatomiques et les vaisseaux qui permettent de faire des saignées et comment éviter de traumatiser ou de sectionner les nerfs et les tendons avoisinants les vaisseaux sectionnés ou ouverts ; puis aussi, comment éviter les artères qui peuvent être à l'origine d'une hémorragie iatrogène incontrôlable.
          Les région anatomiques sont multiple (la mains, les avants bras, les bras, le cou, le front, l'oreille externe, dans la cavité buccale, les vaisseaux de la gencive et les vaisseaux sublinguaux, puis la nuque, les hypochondres, les hémorroïdes, certaines veines au niveau de la cuisse - surtout la veinne saphène -, de la jambe et la face dorsale des pieds) ; donc presque toutes les veines superficielles qui sont à distance par rapport aux artères à risque, aux nerfs et aux tendons.
        • Mécanismes d'action :
          Le choix de la veine ou de l'artère à sectionner pour réaliser la saignée dépend de sa situation anatomique, car il ne faut pas qu'elles soient situées dans une zone très mobile, le mouvement retard l'hémostase spontanée et la cicatrisation de l'incision, avec le risque d'une reprise spontanée du saignement.
          Le choix du vaisseau dépend aussi de l'indication de la saignée, car pour Avicenne, malgré que la saignée agit sur l'ensemble de l'organisme, elle a aussi une action purement locale, au niveau de la région anatomique dans la laquelle, elle a été effectuée ; pour lui, le but de la saignée c'est d'évacuer partiellement le sang d'un organe parce cet organe contient du sang en excès (donc pour le décongestionner), ou parce que, le sang qui circule dans cet organe est mauvais, ou enfin pour les deux raisons ensembles (sang mauvais et en excès) ; le sang prélévé sera remplacé par du bon sang grâce aux règimes alimentaires adaptés, et les médicaments et les soins administés.
          La saignée peut être aussi réalisée dans le but d'arrêter une hémorragie au niveau d'un organe en attirant la circulation sanguine vers un autre organe, c'est le cas pour l'épistaxis, les métrorragies, les hémorragies digestives, et les hémorragies de l'appareil respiratoire.
        • Précautions :
        • Durant la saignée, le malade doit être en position allongée pour éviter les vomissements et les malaises.
        • Après la saignée, le malade doit éviter les efforts excessifs, il doit s'allonger, et éviter les repas copieux, en s'alimentant progressivement.
        • Chez les personnes qui n'ont pas l'habitude d'avoir des saignées, il faut commencer par des saignées de petite quantité, et l'augmenter ensuite progressivement.
        • Encore, d'après Avicenne, il ne faut pas pratiquer les saignées chez les femmes au cours des règles, ni chez les femmes enceintes car chez ces femmes les saignées peuvent être à l'origine de mort foetale ; exceptionnellement, la saignée peut être réalisée chez ces femmes en cas d'hémiptysie (signe d'oedème pulmonaire aigu).
        • Avicenne ne préconsie pas de faire des saignées chez les malades fébriles, les malades pâles, les malades à tempérament très froid, chez les personnes vivants dans les pays ou il fait très froid ; chez les malades qui souffrent de douleur intense.
        • Il faut éviter les saignées apèrs le bain, après les rapports sexuels, après un repas copieux, donc il faut attendre que le malade digère son repas.
        • Pas de saignées chez les enfants de moins de 14 ans, et chez les personnes âgées (risque de survenue d'accidents vasculaires) sauf si c'est absolument nécessaire, dans ce cas-là, le faciès du malade, sa rougeur teinte, sa corpulence musculaire, le volume de ses vaisseaux sanguins et la puissance des battements de son pouls doivent être rassurants.
        • Il faut aussi éviter les saignées chez les personnes trop maigres, trop obèses, asthéniques, trop pâles...

    • La saignée locale :
      Elle permet d'évacuer une petite quantité du sang capillaire cutané et sous-cutané ; pour ce type de saignée, il exisite deux techniques :
      • soit à l'aide de la ventouse (الفصادة بالمحجم) que l'on applique sur la peau après avoir réalisé des incisions cutanées superficielles (scarifications), donc l'extraction du sang est accélérée par le vide aspirant créé à l'intérieur de la ventouse.
        La saignée par ventouse permet d'extraire du sang capillaire cutané et sous-cutané, donc la quantité du sang évacuée est faible et les retentissements sur la circulation générale sont très limités, pour cela, on peut facilement remarquer que les saignées par ventouse ont été surtout utilisées pour leurs prétendus effets thérapeutiques locaux sur l'organe qui se trouve à proximité de la zone cutanée de la saignée.

      • soit à l'aide de sangsues :
        La sangsue est une annélide gluant de la famille des Hirudinées ; c'est un vers marin ou d'eau douce dont le corps est terminé par une ventouse à chaque extrémitéune lui permettant de se fixer solidement à la peau des vertébrés, puis avec ses trois machoirs, elle fait une plaie cutanée à travers laquelle elle suce le sang ; pour faciliter cette action de succion du sang, la sangsue sécrète une substance à effet anticoagulant (l'hirudine) qui empêche la coagulation du sang.
        La sangsue est utilisée en Médecine (d'autrefois) pour réaliser des saignées locales car elle peut sucer jusqu'à 50 à 60 g du sang. Le risque majeur des saignées à l'aide de sangsues est l'infection.


      • D'après Avicenne (Afshéna 980 - Hamadan 1037), dans son célèbre livre "Al-Qanûn" :
        • Avicenne donne des conseils sur les espèces de sangsues qu'il faut utiliser dans le domaine médical, car certaines espèces sont toxiques (donc il ne faut pas utiliser les les sangsues à grosse tête, celles de couleur grise très foncée ou noire, vertes, et à des rayures de couleur d'azur, celles qui possèdent des villosités). Ces sangsues peuvent provoquer des malaises, des tuméfactions, des ulcérations, des hémorragies, de la fièvre et de l'asthénie. Il faut aussi éviter les sangsues qui vivent dans les eaux sales et utiliser de préférence, celles que l'on trouve dans les eaux habitées par les grenouilles, et les eaux qui laissent pousser les mousses.
        • Il faut les pêcher un jour avant leur utilisation, il faut les faire vomir en les comprimant pour vider le contenu de leur estomac, puis il faut verser sur elles une petite quantité du sang d'un agneau ou un autre animal pour les nourrir légèrement.
        • Les sangsues doivent être lavées avant qu'elles soient appliquées sur la peau pour éliminer la glaire et les saletés recouvrant leur corps.
        • La zone cutanée d'application des sangsues doit être préparée, par lavage et par l'application de borax et enfin, en massant (frottant) la peau pour le faire rougir.
        • Ce qui active les sangsues c'est d'enduire la surface d'application cutanée par du sang (ou de la boue de la tête ?).
        • Le sang extrait par les sangsues, provient des couches cutanées plus profondes si l'on compare au sang extrait par les saignées à l'aide de la ventouse.
        • Une fois les sangsues sont remplies du sang, pour les faire décoller de la peau, il faut répandre sur leur corps une petite quantité du sel, ou de la cendre, ou de borax, ou à l'aide d'un morceau d'étoffe chauffé (lin, laine ou éponge).
        • Pour la peau libérée des sangues, le bon geste à faire, c'est d'appliquer sur la peau une ventouse pour extraire localement le sang contenant les substances nocives laissées par les sangsues dans les sites de leur succion, puis, si le saignement ne s'arrête pas, il faut administrer localement certaines substances à effet hémostatique.
        • Les sangsues ont des effets thérapeutiques sur certaines pathologies cutanées comme la teigne, les hyperpigmentations localisées de la peau comme le masque du visage (grossesse) et les petites pigmentations de la peau (lentigos, éphélides...).
  • Saigneur :
    • C'est la personne (normalement le Médecin) qui effectue les saignées

Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour le 5 Juin, 2014

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