Les embaumeurs étaient dirigés par leur chef appelé " le Supérieur des Mystères ou le Contrôleur des Mystères " ; il était aidé par son assistance " le Prêtre lecteur " chargé la partie religieuse et rituelle de la momification. Ces deux personnages étaient représentés portant un masque en forme de la tête d'Anubis.
 

La momification pharaonique
Auteur : Dr Aly Abbara
7 Mai, 2011


  • Le déroulement de la momification en Egypte selon Hérodote :
  • Quand on leur apporte un mort, ils montrent à leurs clients des maquettes de cadavres, en bois, peintes avec une exactitude minutieuse. Le modèle le plus soigné représente, disent-ils celui dont je croirais sacrilège de prononcer le nom de pareil matière [Osiris] ; ils montrent ensuite le seconde modèle, moins cher et moins soigné, puis le troisième, qui est le moins cher de tous.
  • Après quoi, ils demandent à leurs clients de choisir le procédé qu'ils désirent voir employer pour leur mort.
    La famille convient du prix et se retire ; les embaumeurs restent seuls dans leurs ateliers, et voici comment ils procèdent à l'embaumement le plus soigné : tout d'abord à l'aide d'un crochet de fer ils retirent le cerveau par les narines ; ils en extraient une partie par ce moyen, et le reste en injectant certaines drogues dans le crâne. Puis avec une lame tranchante en pierre d'Ethiopie [silex], ils font une incision le long du flanc, retirent tous les viscères, nettoient l'abdomen et le purifient avec du vin de palmier et de nouveau avec des aromates broyés.
    Ensuite, ils remplissent le ventre de myrrhe pure broyée, de cannelle, et de toutes les substances aromatiques qu'ils connaissent, sauf l'encens, et le recousent. Après quoi, ils salent le corps en le couvrant de natron pendant soixante-dix jours ; ce temps ne doit pas être dépassé.
    Les soixante-dix jours écoulés, ils lavent le corps et l'enveloppent tout entier de bandes découpées dans un tissu de lin très fin et enduites de la gomme dont les Egyptiens se servent d'ordinaire au lieu de colle. Les parents reprennent ensuite le corps et font faire un coffre de bois, taillé à l'image de la forme humaine, dans lequel ils le déposent le déposent ; et ils conservent précieusement ce coffre dans une chambre funéraireoù ils l'installent debout, adossé contte un mur. Voilà pour le procédé le plus coûteux.
    Pour qui demnde l'ebaumement à prix moyen et ne veut pas trop dépenser, voici leurs méthodes : les embaumeurs chargent leurs seringues d'une huile extraite du cèdre et emplissent de ce liquide le ventre du mort, sans l'inciser et sans en retirer les viscères ; après avoir injecté le liquide par l'anus, en l'empêchant de ressortir, ils salent le corps pendant le nombre de jours voulu.
    le dernier jour ils laissent sortir de l'abdomen l'huile qu'ils y avaient introduite ; ce liquide a tant de force qu'il dissout les intestins et les viscères et les entraîne avec lui. De son côté, le natron dissout les chairs et il ne reste que la peau et les os du cadavre. Après quoi, les embameurs rendent le corps sans lui consacrer plus de soins.
    Voici la troisième méthode d'ebaumement, pour les plus pauvres : on nettoie les intestins avec de la syrmaia (huile de raifort], on sale le corps pendant les soxante-dix jours préscrits, puis on le rend aux parents qui l'emportent.
    Hérodote, Histoire, II, 86-88
    Traduit par A. Barguet.
    Paris, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard. 1964.

  • Lexique :
    • Alcool : mot d'origine arabe "al-kuhoul - al-ghoul " ; liquide incolore, volatil, inflammable, obtenu par la distillation du vin.
    • Aromate : substance végétale odoriférante (produisant une odeur).
    • Bitume : mélange naturel ou artificiel d'hydrocarbures (et de résines, d'asphaltènes…) qui se présente à l'état solide ou liquide (pâteux), de couleur noire, opaque.
    • Bourrage : remplissage des vides d'une cavité.
    • Calcite : carbonate naturel de calcium cristallisé (CaCO3), à structure rhomboédrique.
    • Ciseau : outil d'acier, tranchant à l'une de ses extrémités, et servant à travailler le bois, le fer, la pierre…
    • Ciseaux : instrument formé de deux branches d'acier, tranchantes sur une partie de leur longueur (lame), réunies et croisées en leur milieu sur un pivot (entablure).
    • Défunt (défunte) : qui est mort ; décédé.
    • Dessiccatif : se dit d'un médicament qui, appliqué sur une plaie, en absorbe le pus ou les sérosités.
    • Dessiccation : action de dessécher (les gaz, les solides) ; opération par laquelle on les prive de l'humidité qu'ils renferment.
    • Emmaillotage ou emmaillotement : le fait d'emmailloter, c'est-à-dire envelopper complètement (un membre, le corps).
    • Forceps : Instrument en forme de pinces à branches séparables (cuillers) qui sert à tirer la tête du fœtus pour en faciliter l'expulsion.
    • Cuillère : instrument formé d'un manche et d'une partie creuse, et qui sert à transvaser ou à récupérer les petits fragments du cerveau morcelé.
    • Embaumer : remplir (un cadavre) de substances balsamiques, dessiccatives et antiseptiques destinées à en assurer la conservation.
    • Épiler : arracher ou faire tomber les poils, les cheveux de quelqu'un.
    • Ethmoïde : os impair de la base du crâne, situé en avant du sphénoïde, dont la partie supérieure, horizontale, criblée de petits trous, forme le plafond des fosses nasales et les sépare de l'étage antérieur du crâne. Les parties latérales de l'éthmoïde concourent à former les parois internes des orbites et les parois externes des fosses nasales.
    • Khôl : mot d'origine arabe "kuhl" ; collyre d'antimoine ; fard de couleur sombre appliqué sur les paupières, les cils, les sourcils, à l'origine dans le monde arabe.
    • Laparotomie : ouverture chirurgicale de la paroi abdominale.
    • Lin : plante (Linacées), cultivée pour les fibres textiles.
    • Liquéfaction : fusion, passage à l'état liquide d'un corps solide.
    • Natron (appelé aussi natrite) : mot d'origine arabe (natroun). Il s'agit d'un mélange naturel de carbonate et de chlorure de sodium cristallisé extrait des lacs salés se trouvant dans le Ouadi el-Natroun entre le Caire et Alexandrie.
    • Nitré : qui contient du nitre (nitrate = "azotate" de potassium).
    • Momie : mot d'origine arabe désignant un cadavre desséché et embaumé par les procédés des anciens Égyptiens.
    • Myrrhe : gomme (résine) aromatique produit en brûlant le balsamier, arbre ou arbuste dicotylédone des régions chaudes (Burséracées), appelé aussi baumier ou balsamodendron.
    • Oliban : mot d'origine arabe (al-Luban) " encens " : gomme-résine, appelée aussi encens mâle.
    • Onguent : médicament pâteux, onctueux, composé habituellement de substances grasses ou résineuses, et que l'on applique sur la peau
    • Poinçon : instrument métallique terminé en pointe qui sert à percer, ou à entamer les matières dures.
    • Putréfaction : décomposition (altération ou destruction) des matières organiques sous l'action de ferments microbiens.
    • Résine : produit collant et visqueux, à cassure vitreuse, de couleur jaune ou brune.
    • Scalpel : petit couteau à manche plat destiné aux dissections.
    • Sciure : déchets en poussière d'une bois sciée.
    • Spatule : instrument formé d'un manche et d'une lame large.
    • Stuc : composition de plâtre (ou de poussière de marbre) gâché avec une solution de colle forte formant un enduit qui, après polissage, imite le marbre.
  • Références :
    • Francis Janot, Zahi Hawass. "Momies, rituels, d'immortalité dans l'Egypte ancienne". Editions White Star (WS) - 2008.
      Le Grand Robert de la langue française, version 2 - 2005.
    • Bruno Halioua. " La médecine au temps des pharaons". Lianna Levi - édition 2004. p:59-65.
    • M-Yahia Ewada; "Secrets de la momification - Tiba - 2004.
    • Françoise Durand, Roger Lichtenberg. "Les momies, un voyage dans l'éternité" Découvertes Gallimard n° 118 - 1991
 

Auteur d'image : Dr Aly Abbara
Mise à jour le 7 Mai, 2011


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