Le Mont Saint-Michel : son évolution entre le Xe et le XXe siècle
Maquettes exposées à l'entrée de l'Abbaye du Mont Saint-Michel, dans la salle permettant d'accéder à la terrasse (ou le plomb du four), devant la façade de l'église abbatiale.
Le Mont-Saint-Michel

Le Mont Saint-Michel

Texte écrit par Madame Melouka OUICI
  • Le Mont Saint-Michel est un îlot de roche granitique situé en Basse-Normandie, dans une immense baie de quarante mille hectares, théâtre des plus grandes marées d’Europe. Trois petits fleuves s’y jettent : Le Couesnon, la Sée et la Sélune. En période de marées d’équinoxe, la mer se retire à dix-huit kilomètres des côtes pour remonter à une vitesse d’environ soixante mètres par minute et venir baigner la base du Mont. Il est voisin de Tombelaine, un petit rocher distant de trois kilomètres.
  • La légende :
    • Le Mont Saint-Michel est à l’origine d’un mythe selon lequel une vaste forêt du nom de Scissy s’étendait de la baie jusqu’aux iles Chausey au début de la dernière période postglaciaire. Certains arbres fossilisés confirment l’existence d’une abondante végétation, mais plusieurs sondages du sol laissent à penser que les pourtours de cette forêt étaient plus limités.

  • L’histoire de Mont :        
    • En l’an 708, Aubert, alors évêque d’Avranches, reçoit la visite de l’archange Michel au cours d’un songe. Ce dernier lui ordonne de faire édifier un sanctuaire à l’image du Mont Gargano en Italie. En l’an 709, Aubert choisit le Mont-Tombe pour y ériger la première chapelle qu’il dédie à Saint-Michel, puis, il y installe une communauté d’une dizaine de moines pour perpétuer le culte de Saint Michel. L’appellation du Mont-Tombe se transforme et devient le « Mont Saint-Michel au péril de la mer ». De nombreux pèlerins chrétiens commencent à affluer de toute l’Europe et participent ainsi à sa renommée grandissante.

    • Pendant deux siècles, grâce au mécénat des ducs de Normandie, la communauté de moines fera vivre et prospérer le Mont.

    • En 966, une église préromane (carolingienne) du nom de "Notre-Dame-sous-Terre" est construite de façon à dominer le Mont et accueillir une communauté de bénédictins. (Aujourd’hui, cette église se situe sous la nef de l’abbatiale.)
      Grâce à l’affluence des pèlerins toujours plus nombreux, un village constitué de modestes maisons en bois commence à voir le jour au pied du rocher, sur son flanc sud-est. Dès le Moyen-Age, il a une vocation commerciale avec ses auberges et ses marchands de souvenirs.    
       
    • Au cours du XIe siècle, une vaste église abbatiale de style roman est érigée sur un ensemble de cryptes au sommet du mont. Très rapidement, des bâtiments annexes sont intégrés et accolés sur le mur nord de l’église.
      Le XIIe siècle verra l’agrandissement des constructions romanes au sud et à l’ouest.

    • Au début du XIIIe siècle, le roi de France, Philippe Auguste, subventionne l’édification de La Merveille. Cette structure grandiose, bâtie sur trois niveaux, est considérée comme l’une des plus belles réalisations gothiques de cette époque.

    • Durant le XIVe et le XVe siècles, des remparts, des tours et des constructions militaires diverses sont installés pour faire face à la guerre de cent ans. Ces fortifications permettent au Mont de résister et lui procurent une défense infranchissable face à l’opposition anglaise qui dura trente ans avant la capitulation.

    • Sous Louis XI, les premiers prisonniers politiques sont incarcérés dans le monastère où ils sont enfermés dans d’effroyables cages de fer (les fillettes). Le Mont acquiert très vite une réputation de prison dont personne ne s’échappe. 
      Suite à son effondrement, le Chœur de l’église abbatiale romane est remplacé par un chœur gothique flamboyant. La reconstruction du chœur est le dernier grand chantier entrepris au Mont.

    • Durant la Révolution Française, l’abbaye est à nouveau utilisée comme prison. Des prêtres, des détenus de droit commun ainsi que des Chouans y sont enfermés. Cette activité pénitentiaire s’arrêtera en 1863 grâce à l’indignation de certains intellectuels tel que Victor Hugo.

    • En 1897, la flèche est reconstruite en style néo-gothique (le Mont n’en possédait plus depuis 1594, suite à un incendie). La statue de l’archange Michel terrassant le dragon est installée au sommet de l’élégante flèche. Le monument acquiert sa silhouette pyramidale actuelle.     

  • La configuration des lieux :
    • De bas en haut et vu de l’extérieur, les premiers éléments que l’on peut remarquer sont les remparts, les sept tours de défenses et les portes fortifiées encadrant le Mont. Ces fortifications permirent au mont de résister aux différentes attaques lors de la guerre de cent ans. Un peu plus haut, se niche le village avec ses commerces et ses habitations, puis enfin, les bâtiments monastiques dominés par l’église abbatiale. Cela donne une image assez juste de la hiérarchie du moyen-âge où le clergé avait de grands pouvoirs.

  • Le village :
    • L’entrée dans le mont se fait par la plus ancienne des portes : La porte du roi, construite en 1435. Elle était défendue par un pont-levis doublé d’un fossé reconstruit à l’identique en 1992. La porte est surmontée du logis, bâtiment destiné au gardien chargé de la surveillance de l’entrée. Elle est suivie par deux autres portes de renfort, la porte du boulevard et enfin, la porte de l’avancée près de laquelle sont exposées deux bombardes laissées par les anglais après leur défaite en 1434. Ces deux canons sont aussi nommés les michelettes.

    • Après cette série de portes rendant l’accès au mont quasiment infranchissable, commence La Grande Rue (l’unique rue du mont). Cette longue rue ascendante traverse le village et achemine vers une longue série de marches (le Grand Degré Extérieur) en direction de l’abbaye.

    • Le village qu’elle parcourt a perdu la plupart de ses habitations anciennes. Seules quelques maisons en pierre ou à pans de bois datant du XV et XVIe siècles ont été épargnées. Pour conserver un cachet pittoresque, beaucoup ont pu être reconstruites à l’identique.

    • Dans sa dernière portion, cette rue dessert une petite église paroissiale dédiée à Saint-Pierre, avec la particularité d’être accolée à une tour. L’église Saint-Pierre date des XV et XVIe siècles. L’attrait réside dans son mobilier de qualité, comme ses fonts baptismaux du XIIIe siècle et ses statues du XVe. L’autel, aménagé dans la tour, fut réalisé par un orfèvre parisien (Chertier) en 1873. Il est agrémenté de pierreries et recouvert de lames d’argent. Créée en 1877, la belle statue de Saint-Michel entièrement lamée d’argent demeure aussi dans cette petite église où se perpétue désormais son culte.

Les monuments religieux :

  • L’ascension vers l’ensemble de l’abbaye :
    • Elle s’effectue par une importante série de marches nommée le Grand Degré Extérieur. Cette succession de marches construite au XIVe siècle servait aux pèlerins de chemin de procession vers l’abbaye. Large de 4 mètres, ce chemin était coupé à mi-hauteur par une porte pivotante censée défendre l’entrée des édifices religieux. Ce passage permet d’admirer longuement la profusion de bâtiments abbatiaux enchevêtrés les uns au-dessus des autres dans une habile impulsion verticale. Située au-dessus du Grand Degré, la citerne de l’aumônerie, bâtie au XVIe siècle, alimentait l’abbaye en eau douce.
    • Au pied du Châtelet, commence le Grand Degré Intérieur qui constitue le seul accès à l’abbaye. Ce grand escalier ombragé est bordé à gauche par les hauts murs des logis abbatiaux, et à droite par l’imposante église abbatiale. Il est facilement dissociable du grand Degré Extérieur car il est enjambé par deux ponts étroits. L’un d’eux, fermé à la manière d’une galerie, est recouvert de pans de bois joliment losangés. Il permettait à l’abbé de passer directement de ses appartements à l’église abbatiale.  

  • Notre-Dame-sous-Terre :
    • Cette église carolingienne aux proportions modestes (11 mètres sur treize) est le plus ancien édifice du Mont. Elle fut totalement recouverte par les constructions postérieures. Des fouilles ont permis de la redécouvrir à la fin du XIXe siècle. Son édification se situe aux alentours de 966. Elle offre toutes les caractéristiques et la sobriété de l’art préroman avec ses larges murs (2 mètres d’épaisseur) constitués d’épaisses pierres de granit grossièrement taillées, ses arcs de forme romaine composés de briques plates alternées de granit. En plein centre, un épais mur médian ouvert sur deux arcades délimite deux nefs parallèles qui se terminent chacune par un petit sanctuaire surmonté d’une tribune. On suppose que cette étrange figuration n’est pas d’origine. Elle aurait été ajoutée pour consolider la nef de l’église abbatiale.

  • L’église abbatiale :
    • L’église abbatiale romane est implantée entre 1023 et 1085 au plus haut du rocher. Cela engendra certaines contraintes puisque la plate-forme supérieure du Mont n’était pas suffisamment grande afin de supporter un édifice d’une telle ampleur (80 mètres de long). Les bâtisseurs de l’époque usèrent d’un subterfuge en étendant artificiellement la surface par la construction d’un ensemble de cryptes dont le but était de supporter le chœur et les bras du transept. Pour soutenir la nef, on prolongea et renforça Notre-Dame-sous-Terre, située dessous. À l’intérieur, les styles roman et gothique cohabitent avec une grande homogénéité.

    • Les transepts romans reposent sur les cryptes Saint-Martin et Notre-Dame-des-Trentes-Cierges, nommée de cette façon en hommage aux trente moines vivant dans l’abbaye au moment de son édification.
      Soutenant le bras méridional, la crypte Saint-Martin a gardé son aspect d’origine (XIe siècle). D’une portée de neuf mètres, son ample voûte est renforcée en son centre par un arc imposant. Ses murs très épais sont ouverts sur des petites fenêtres qui laissent difficilement pénétrer la lumière du jour, valorisant ainsi le beau relief de la voûte.
      Solidement soutenus par ces deux cryptes, les bras du transept ont sensiblement la même disposition. Ils se terminent par deux belles absidioles. L’absidiole droite héberge la plus ancienne statue représentant Saint-Aubert. Il s’agit d’une statue romane en granit du XIe siècle. 

    • La nef romane ne comprends plus que quatre travées sur les sept d’origine. Elle est divisée dans sa hauteur en trois niveaux composés d’arcs de plus en plus petits, jusqu’aux grandes fenêtres supérieures qui reproduisent la forme des arcades du bas. À la suite des divers incendies, ses murs de granit ont acquis une teinte légèrement rougeâtre.
      La voûte centrale de l’église dispose d’une charpente apparente et, dans la plus pure tradition normande, elle est couverte d’un lambris en bois qui allège la structure et permet les nombreuses ouvertures vers l’extérieur ainsi qu’une grande luminosité.

    • Après effondrement, le chœur roman fut remplacé par un superbe chœur gothique flamboyant qui nécessita 70 ans de construction (1446-1521). Il forme une abside entourée d’un déambulatoire autour duquel s’articulent 5 chapelles rayonnantes et deux chapelles rectangulaires. Il s’élève sur trois niveaux : En bas, les grandes arcades. Au centre, la galerie du triforium éclairée par de nombreux vitrages. Au niveau supérieur, les larges fenêtres hautes qui occupent toute la surface du mur et rappèlent les arcades du bas. Les énormes piliers des grandes arcades se prolongent par des colonnes plus petites jusqu’aux clés de voûtes sans interruption. Cet agencement lui confère une impression de hauteur et d’élancement alors que sa hauteur n’excède pas 25 mètres.

    • Ce chœur est supporté avec vigueur par la crypte des Gros Piliers située dessous. Cette crypte possède 8 piliers cylindriques disposés en demi-cercle d’une circonférence de 5 mètres, et deux colonnes centrales plus minces soutenant le maître-autel. La proximité de chacun des piliers procure à cette salle une impression de massivité. Par contraste, les voûtes offrent un jeu de prismes raffiné qui tranche avec la robustesse des piliers. Cette pièce desservait différentes parties du monastère.

    • La façade de l’église fut reconstruite en 1780, après qu’un incendie l’ait détruite, amputant la nef des trois premières travées. Cette façade est assez commune par rapport à l’intérieur. Pour ses bâtisseurs, l’impératif était qu’elle résiste avec vigueur aux aléas du temps. Les trois travées de la nef furent remplacées par une plate-forme s’ouvrant sur la mer, nommée le plomb du four. Sur cette terrasse, deux plaques tumulaires évoquent les abbés inhumés devant la façade (Robert de Torigni et Martin de Furmendi, son successeur). 

    • De l’extérieur, l’abbatiale est étayée par une superposition d’arcs-boutants ornés, au sommet, par d’exubérants décors végétaux en contraste avec la sobriété de l’intérieur.

    • L’ensemble de l’édifice est dominé par une fine flèche néo-gothique en cuivre culminant à 160 mètres au-dessus des grèves. Elle fut réalisée par Victor Petitgrand en 1897. Enfin, la statue dorée de l’archange Michel, réalisée la même année par le sculpteur Frémiet, couronne avec superbe l’ensemble.

  • L’abbaye romane :
    • Entre le XIe et le XIIe siècle, faute de place, les locaux monastiques sont élevés sur deux étages, directement sur les flancs du rocher. Ils sont érigés autour de l’église abbatiale et forment un demi-cercle. Ces pièces étaient à l’usage des moines.

    • Parmi ces bâtiments, la salle de l’Aquilon, située au nord, était utilisée pour l’accueil des pauvres. Cette salle austère et sombre doit son nom au vent glacial qui la traversait de part en part. Elle est divisée en deux nefs par une rangée de colonnes robustes. Elle possède de jolies voûtes renforcées par des doubles arcs brisés.

    • À ses côtés, le promenoir des moines offre le même genre de configuration puisqu’il est traversé en son centre par une rangée de 5 colonnes. Cette salle, toute en longueur, est couverte de voûtes sur croisées d’ogives gothiques assez rudimentaires qui s’encastrent dans des murs épais de style roman. Cette pièce est donc l’une des premières tentatives gothiques de l’époque.

    • La chapelle Saint-Étienne est implantée pendant le XIIe siècle au sud de Notre-Dame-sous-Terre. Celle-ci était utilisée comme chapelle mortuaire. Creusée dans son mur nord, une grande niche peu profonde recevait le lit mortuaire des moines. À sa place, on peut désormais admirer une pietà datant du XVe siècle. Au cours du XIIIe siècle, ses voûtes ont été remplacées par de jolies voûtes sur croisées d’ogives.

    • À proximité directe, l’ossuaire, édifié en 1060, présente un enchevêtrement de piliers sur voûtes de différentes hauteurs, avec des entresols à certains endroits. Cela laisse à penser que ce lieu faisait partie d’un ensemble plus vaste n’ayant pas subsisté. En 1820, une grande roue monte-charge y fut installée afin d’acheminer la nourriture aux prisonniers de l’abbaye.     
  • La Merveille :
    • L’abbaye gothique, communément appelée la Merveille, est construite au nord de l’église abbatiale au début du XIIIe siècle. Elle est constituée de deux corps de bâtiments accolés l’un à l’autre. Toujours à cause des contraintes topographiques liées au Mont, cet ensemble est édifié sur trois niveaux, avec des salles de plus en plus belles, légères et abouties au fur et à mesure de l’ascension. Le premier niveau comprend l’aumônerie, le cellier. À l’étage supérieur se trouvent la salle des hôtes, la salle des chevaliers. Enfin, le dernier niveau est composé du réfectoire et du cloître, magnifique jardin suspendu avec délicatesse entre le ciel et la mer. À l’extérieur, cet ensemble à flanc de rocher est soutenu par de puissants contreforts situés au nord.

    • La fonction de l’aumônerie était d’accueillir et de nourrir les pèlerins les plus pauvres. Cette vaste salle de 35 mètres de long remplace la salle de l’Aquilon. Elle est divisée en deux par 6 colonnes supportant de simples voûtes d’arêtes, par l’intermédiaire d’un chapiteau. Avec le cellier, elle fait partie des salles les plus simples de la merveille.
    • Le cellier communique directement avec l’aumônerie. Dans cette pièce étaient conservées les provisions du monastère car ses étroites fenêtres ouvertes au nord lui procurent ombre et fraîcheur. Cette salle est légèrement plus haute que sa voisine. Deux séries de piliers cubiques la divise en trois rangées d’une largeur inégale. Comme l’aumônerie, elle est agrémentée de voûtes simples qui s’appuient directement sur les piliers.

    • Au premier étage, la salle des Hôtes était destinée à recevoir les invités les plus nobles. Elle est donc bien plus ouvragée et semble plus légère que ses voisines du dessous. Cette pièce toute en longueur est traversée par une rangée de colonnes fines et délicates agrémentées, à la base supérieure, par des motifs de feuillage. Le plafond abonde en jolies voûtes sur croisée d’ogives qui contrebutent entre elles, d’où l’impression qu’elles partent en tous sens et offre une jolie perspective, un certain effet kaléidoscopique. Ses fines fenêtres s’ouvrent au nord et à l’est. Cette salle possède trois cheminés, dont deux très imposantes disposées côte à côte. Celles-ci permettaient la préparation des repas destinés aux hôtes de marque. La troisième, aujourd’hui amputée de sa hotte, permettait de chauffer cette vaste pièce.

    • À ses côtés, la salle des Chevaliers est soutenue par les imposants piliers du cellier. Son style est assez différent et moins en finesse que sa voisine. Elle est traversée par trois rangées de colonnes trapues agrémentées à leur sommet par un décor végétal. Le plafond offre des voûtes sur croisées d’ogives accentuées par des moulures imposantes. De vastes baies circulaires installées dans sa hauteur lui confère une grande clarté. Cette salle imposante possède également sa cheminée. Sa décoration générale est très influencée par le style normand de l’époque. Sa grande luminosité incite à penser qu’elle servait aux moines de scriptorium. (Lieu de copie et d’enluminure des ouvrages bibliques).

    • Au troisième et dernier niveau se situe le réfectoire, lieu où les moines prenaient leurs repas. Contrairement aux salles des étages inférieurs, traversées de piliers afin de soutenir l’ensemble de la Merveille, le réfectoire n’eut pas à subir cette contrainte. Aucun support ne vient donc le diviser. Cette pièce spacieuse, toute en longueur, fournit un éclairage homogène d’une grande douceur. Cela est dû à la particularité de ses fenêtres. Certaines contraintes architecturales ne permettaient pas l’ouverture de larges fenêtres sans risques d’affaiblir la structure. Il fut installé, sur les murs nord et sud, une série de 59 fenêtres aussi étroites que des meurtrières. Ces fenêtres sont profondément encastrées dans des niches installées de biais, ce qui confère une perspective d’espace fermé bien que la lumière soit diffuse. Le plafond est couvert d’une charpente lambrissée de style normand, semblable à celui de la nef de l’église abbatiale.

    • Au même niveau que le réfectoire et l’église abbatiale, le cloître vient clore avec délicatesse cet ensemble gothique surprenant. Il est très différent des autres salles de la Merveille car il s’en dégage beaucoup de subtilité, voire une certaine légèreté. Ses quatre galeries peu élevées s’ouvrent sur un joli jardin intérieur délimité par une double série de 137 colonnettes en granit rose disposées en quinconce, et reliées à leur sommet par des arcs diagonaux. Cela procure un contraste très raffiné entre l’ombre et la lumière. Cette disposition permet aussi de soutenir solidement la toiture en schiste des galeries. À l’intérieur des galeries, l’ensemble des chapiteaux en calcaire est finement sculpté de rosaces de feuillage, à l’intérieur desquels on peut remarquer, de temps à autre, un écoinçon à l’effigie d’un personnage iconographique. Le mur occidental s’ouvre sur trois larges baies avec vue sur la mer. À l’origine, ce passage devait permettre l’accès vers une autre salle (la salle capitulaire) qui ne fut jamais construite.


  • Informations importantes :
    • En 1874, le mont Saint-Michel est classé monument historique.
    • Après d’importantes restaurations entreprises dès la fin du XIXe siècle, il est intégré au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979.
    • Il figure en troisième position des monuments les plus visités de France avec trois millions de visiteurs chaque année.
    • Depuis la fin des années 80, il est à l’origine d’un vaste projet de désensablement tendant à préserver son caractère maritime.
    • Depuis 2001, il héberge à nouveau une communauté monastique.
 

© Création des pages et des images par Dr Aly Abbara
Mise à jour le : 17 Avril, 2017
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