Syrie - "Homs - حمص" (l'antique ville d'Émèse)
Pièce de Monnaie publiée à Emèse sous le règne des Sévères

Image extraite de : Carlos Chad S.J. Les dynasties d'Émèse. Dar El-Machreq, Beyrouth - 1972.

  • Elle a été présentée sur cette face de la monnaie la pierre noire d'Émèse (حمص) qui représentait pour les habitants de la ville, le grand dieu Héliogabale (Elagabal - إله الجبل ـ بعل حمص - Baal d'Émèse), c'est-à-dire le Dieu-Montagne (ou le Dieu-Soleil), car en effet, il s'agit d'une météorite (fragment céleste, fragment du soleil !! d'ou le nom Hélios-Sol).

  • Cette pierre noire était élevée dans un sanctuaire colosal, resplandissant d'or, d'argent et de pierres précieuses. Il fut transformé en église à l'époque byzantine, puis en mosquée, il s'agit de l'actuelle mosquée an-Nouri al-Kabir, au centre de la vieille Homs, et qui garde quelques pierres antiques de ce sanctuaire.

  • Quand le grand prêtre de cette divinité (qui a eu comme surnom le même nom de la divinité, donc Elagabal) fut proclamé à Émèse (حمص), en 218 ap. J.-C., à l'âge de 14 ans, par l'armée romaine installée en Syrie, comme Empereur, Elagabal fit venir cette pierre noire à Rome, lui consacra un temple sur le mont Palatin afin de l'imposer aux Romains comme étant la seule divinité de l'empire. Après l'assassinat d'Elagabal, en 222, sous le règne de son cousin Alexandre Sévère, la pierre sacrée fut renvoyée à Émèse où le culte du soleil continua au moins jusqu'à la fin du Ve siècle.

    L'empereur Aurélien, lors de sa campagne contre la de Palmyre () Zénobie (), prit le temps de visiter le temple d'Émèse et de s'assurer de l'appui du dieu du soleil en faveur de sa victoire.
    L'empereur Aurélien attribua sa victoire sur Zénobie à l'intervention du dieu d'Émèse, alors il le donna un nouvel élan à la fin du IIIe siècle en bâtisant un nouveau temple (Ellagaballium) à sol Invictus (Hélios-Sol) à Rome et en donnant au culte un statut officiel. Le temple d'Elagabal d'Emèse, l'Ellagaballium, était situé à l'angle NE du mont Palatin.


  • LA propos de cette pierre noire d'Emèse, voilà le texte écrit par HERODIEN, V, 3, 4-8 (traduction D. Roques, Les Belles Lettres, Paris, 1990) dans son recueil de biographies des empereurs romains.

  • Le dieu d'Emèse (حمص) et son prêtre.
    (L'auteur vient de présenter la famille de Julia Mæsa, et ses deux petits-fils, les futurs empereurs Elagabal et Alexandre Sévère).

    • « Tous deux étaient consacrés au Dieu-Soleil : tel est le dieu que vénère la population locale qui s'appelle en phénicien Elaiagabal. On avait construit en son honneur un très grand temple orné d'une grande quantité d'or et d'argent et d'un très grand luxe de pierres précieuses. Ce dieu ne reçoit pas seulement un culte des gens du pays : tous les satrapes et les rois barbares du voisinage rivalisent entre eux pour lui adresser, chaque année, de magnifiques offrandes.

      Quant à la statue cultuelle, elle n'est pas, comme chez les Grecs ou les Romains, sculptée de main d'homme et ne vise pas à représenter la divinité. C'est une très grande pierre circulaire en bas et pointue à l'extrémité supérieure, de forme conique et de couleur et noire. Les gens du pays en parlent solennellement comme d'une statue tombée du ciel, ils en montrent certaines petites proéminences ou incisions, et veulent qu'on voie en elle l'image inachevée du Soleil, parce qu'ils la regardent effectivement ainsi.

      C'est donc à ce dieu que Bassianus (Elagabal) était consacré (le culte lui en avait été confié parce qu'il était l'aîné). Il paraissait en public dans un accoutrement barbare, vêtu qu'il était de tuniques de pourpre tissées d'or, à longues manches et qui lui descendaient jusqu'aux pieds ; des chausses, elles aussi diaprées d'or et de pourpre, couvraient la totalité de ses jambes de la pointe du pied jusqu'à la cuisse. Sa tête était ornée d'une couronne de pierres précieuses qui brillaient de vives couleurs. Il était dans la fleur de son adolescence et dépassait en beauté tous les jeunes gens de son âge. Et comme sa personne rassemblait la beauté physique, la fleur de l'adolescence et le luxe vestimentaire, on eût pu comparer ce jeune homme à telle ou telle belle statue de Dionysos. Quand il accomplissait les rites sacrés et que, selon l'usage des Barbares, il dansait autour des autels au son des hautbois, des flûtes et d'autres instruments, les soldats l'observaient avec plus d'attention que tous les autres spectateurs, car, à sa beauté qui attiraient tous leurs regards, il joignait une origine impériale ».

Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour le 23 Décembre, 2011

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