Kyste paratubaire (ou para-ovarien) droit évoluant aux dépens
des vestiges embryonnaires du canal de Wolff.
(65 x 60 55 mm de diamètre)


Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour : 4 Novembre, 2012



  • Cette formation kystique annexielle droite a été mise en évidence chez une adolescente de 16 ans souffrant d'une douleur chronique qui s'accentue nettement lors des efforts physiques (sport, marche, port des charges lourdes...).
    Les dosages des marqueurs tumoraux ovariens sont normaux.


    Les kystes wolffiens (ou mésonéphrotiques ou encore, gartnériens) :
  • Au niveau du vagin, de l'utérus et du mésosalpinx :
    Les kystes wolffiens constituent la lésion kystique la plus fréquente (une fréquence étonnante lors d'autopsies systématiques) ; ils se développent aux dépens des reliquats des canaux de Wolff, et plus précisément du conduit déférent vestigial (canal de Malpighi-Gartner) ; ils siègent tout au long des bords antéro-latéraux du vagin depuis la paroi antéro-latérale du col utérin, jusqu'au vestibule vulvaire, à la hauteur de la partie moyenne de la grande lèvre, mais les kystes wolffiens les plus fréquents se développent dans la partie haute du vagin, près de son dôme ; parfois ils siègent dans la région profonde et latérale de l'endocol utérin, en dehors des cryptes glandulaires aux dépens des vestiges tubulaires du canal de Wolff.

    Les vestiges du conduit déférent vestigial peuvent aussi persister dans la paroi latérale de l'utérus pour former parfois, des kystes latéro-utérins évoluant dans les paramètres, puis plus haute, au niveau du mésosalpinx, ces vestiges wolffiens sont responsables de la plupart des kystes paratubaires (para-ovariens Appendice vésiculeux, ou Hydatide de Morgani ; Appendice vésiculeux, ou Hydatide de Morgani ; Appendice vésiculeux, ou Hydatide de Morgani).

    Les kystes wolffiens sont généralement de petite taille (la taille d'un pois ou d'une noisette) et isolés, mais parfois multiples et disposés en chapelet ; plus rare sont les volumineux kystes.
    Ils peuvent survenir à tout âge, et cliniquement peuvent rester asymptomatiques, même volumineux et le diagnostic se fait souvent fortuitement, au cours d'un examen gynécologique, mais rarement, ils peuvent être à l'origine de douleurs pelviennes, de dyspareunie et de dystocie par obstacle praevia lors de l'accouchement.

    Le contenu de kystes wolffiens est séreux ou visqueux (mucineux), opalescent ; ils sont entourés d'une paroi formée d'une assise externe musculaire lisse et d'un revêtement kystique interne tapissé par un épithélium unistratifié et disposé sur une membrane basale bien visible ; les cellules qui constituent cet épithélium sont cubiques ou cylindriques et parfois ciliées et renfermant un noyau vésiculeux entouré d'un cytoplasme clair ou sombre ; des plages de métaplasie malpighienne épithéliale sont parfois mises en évidence. Ce n'est pas un épithélium muqueux, car la coloration par le muci-carmin est négative.

  • Du point de vue embryologique, le canal de Wolff gauche régresse plus vite que ce de droite d'où la fréquence deux fois plus élevée des kystes wolffiens vaginaux droits ; puis leur origine wolffienne explique leurs relations anatomiques intimes et dangereuses avec l'appareil urinaire et en particulier avec l'uretère qui peut parfois s'ouvrir au niveau de ces kystes wolffiens ou dans le canal de Gartner ; généralement les anomalies urétérales siègent le plus souvent à gauche. L'association de ces kystes avec une agénésie ou une dysplasie du rein homolatéral est possible mais rare.

  • Cette origine embryologique explique l'absence de véritable plan de clivage chirurgical permettant de séparer ces kystes des organes avoisinants et en particulier l'uretère et la vessie. Pour cela, l'exérèse des kystes wolffiens de la partie haute du vagin, pour beaucoup d'auteurs, n'est justifiée que dans certaines indications :
    • Une dyspareunie existante avant la découverte fortuite du kyste wolffien, parce que le fait mettre en évidence fortuite de ces kystes, peut faire apparaître une dyspareunie inexistante auparavant.
    • Les kystes wolffiens associés à des troubles urinaires et de compression de la vessie.

  • La prise en charge chirurgicale doit être précédée d'un bilan permettant de préciser les rapports anatomiques de ces kystes avec les organes avoisinants (échographie pelvienne, scanner pelvien, IRM, UIV, cystoscopie...).
    Certains auteurs préconisent, dans certains cas, la prise en charge de ces kystes par :
    • La simple marsupialisation ;
    • La ponction dans les rares cas où le kyste wolffien forme un obstacle prævia lors de l'accouchement.


 

Accueil
(livre de gynécologie Obstétrique)

Ovaire
Fibromes utérins
Accueil
(Atlas d'échographie)