Urètre
Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour : 31 Décembre, 2013


 


                               

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    Définition, description anatomique et fonctions de l'urètre:

    • L'urètre est un conduit (canal) allant de la vessie jusqu'au méat urinaire qui s'ouvre au niveau de la fente de la vulve ; son rôle chez la femme est excrétoire, permettant d’acheminer les urines de la vessie vers l'extérieure au moment de la miction.

      L'urètre n'est pas qu'un simple conduit anatomique, car il possède un système sphinctérien complexe lui permettant de jouer un rôle essentiel dans la continence urinaire (collection et rétention des urines dans la vessie) et dans la miction (évacuation intermittente et complète de la vessie) ; quand ce système sphinctérien urétral n'est pas altéré, il permet d'éviter les fuites involontaires des urines (les incontinences urinaires à l'effort ou sans effort).
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      Chez l'homme l'urètre s'ouvre sur la vessie dans sa partie proximale, puis traverse le pénis sur toute sa longueur pour atteindre le méat urinaire qui se situe au sommet de du gland ; il joue chez l'homme deux rôles : la miction (vidange de la vessie) et l'éjaculation du sperme provenant du canal éjaculateur et des sécrétions de la prostate.

      • Le terme urètre s'écrit dans certains ouvrages médicaux comme suit : urèthre (nom masculin), (urethra en Anglais).
      • Urétral(e) et uréthral(e) : adjectif de l'urètre.
      • Urétro- = préfixe ; élément de l'urètre ; exemple : urétroscopie = exploration endoscopique (à l'aide d'un endoscope) du canal de l'urètre.

    • L'urètre de la femme : description anatomique et fonctions physiologiques
      Anatomiquement l'urètre sur un plan sagittal médiane du pelvis, se trouve entre la face postérieure de la symphyse pubienne en avant, et la paroi antérieure du vagin en arrière :  , , , .

    • Sa portion proximale se connecte au col de la vessie par un orifice appelé l'ostium (ou l'orifice) urétral interne qui se trouve en arrière de la symphyse pubienne. Ensuite, l'urètre se dirige obliquement du haut vers le bas, et de l'arrière vers l'avant, parallèlement à la paroi antérieure du vagin pour s'ouvrir à l'extérieur, au niveau du vestibule vulvaire, au milieux d'une petite éminence appelée la papille urétrale ; cet orifice (ou ostium) externe de l'urètre se situe à environ 20 à 25 mm en arrière du gland clitoridien, et à quelques millimètres en avant du bord supérieur de l'orifice vaginal externe.

      Cet orifice externe de l'urètre est appelé aussi le méat urinaire (ou le méat urétral) ; il prend des formes variables d'une femme à une autre : fente longitudinale, ouverture arrondie ou étoilée.

      On ne peut découvrir l'orifice externe de l'urètre (ou le méat urétral) qu'en écartant bien les grandes et les petites lèvres vulvaires  .

      De chaque côté du méat urinaire s'ouvrent les canaux excrétoires des glandes para-urétrales (glandes de Skéne)

      L'urètre en arrière est séparé de la paroi vaginale antérieure par le septum urétro-vaginal ; il s'agit d'une cloison fibro-musculo-conjonctive dense rendant les deux tiers inférieurs de l'urètre inséparables du vagin.

      L'urètre en avant est maintenu à la face postérieure de la symphyse pubienne et l'os du pubis par les ligaments pubo-urétraux.

      L'urètre chez la femme est divisé en trois segments : l'urètre supra-diaphragmatique ; l'urètre diaphragmatique et enfin l'urètre infra-diaphragmatique. Ces trois segments sont déterminés anatomiquement par rapport au diaphragme urogénital profond du périnée (l'urètre diaphragmatique est situé dans le diaphragme urogénital).

    • Longueurs de l'urètre :
      • La longueur anatomique ou absolue de l'urètre chez la femme est définie comme la distance entre le point de l'urètre où la pression intra-urétrale est supérieure à la pression intravésicale et le point ou la pression intra-urétrale tombe à la pression atmosphérique de, il est égale à 41 ± 5 millimètres, mais cette longueur augmente pendant la grossesse par l’ascension de la vessie vers l'enceinte abdominale.

      • La longueur fonctionnelle de l'urètre (impliquée dans la miction et la continence urinaire, donc en excluant la l'urètre infra-diaphragmatique) est définie comme le segment urétral dans lequel la pression intra-urétrale est supérieure à la pression intra-vésicale au repos. Cette longueur est évaluée à 31 ± 5 millimètres, mais Asmussen montre que la longueur fonctionnelle de l'urètre est en moyen égale à 26,9 mm chez la femme jeune contre 22,9 mm chez la femme post-ménopausique.

      • La longueur réduite de l'urètre chez la femme la prédispose aux infections urinaires telles que la cystite (inflammation de la muqueuse de la vessie) et l'urétrite (inflammation de la muqueuse de l'urètre).

    • Le calibre de l'urètre à l'état de repos est de 7 à 8 mm, mais pendant la miction il prend une forme fusiforme par la dilatation, surtout de sa portion moyenne qui peut atteindre les 20 à 25 mm de diamètre.

    • La paroi urétrale est d'environ 3 mm d'épaisseur ; il comporte, de la lumière urétrale vers l'extérieur, trois couches tissulaires : une muqueuse mince composé d'un épithélium stratifié prismatique ; une tunique spongieuse de tissu érectile et enfin d'une musculeuse qui le prolongement de celle de la paroi vésicale, elle comporte des fibres musculaires internes longitudinales et des fibres externes circulaires.

      La muqueuse tapissant le canal urétral présente des diverticules dans son épithélium appelés les diverticules ou les lacune de Morgani et parfois des glandes comparables aux glandes prostatiques, surtout dans la portion distale de l'urètre.

    • L'urètre chez la femme est doté d'un système sphinctérien complexe composé du :
      • Sphincter musculaire lisse (lisso-sphincter) du col de la vessie (le sphincter cervical de la vessie) qui représente le système sphinctérien proximal à commande involontaire :
        Il est composée des musculaires lisses, entourant en avant et en arrière l'ostium urétral interne et assure l'occlusion cervicale vésicale. Cette composante sphinctérienne lisse est sous influence hormonale d'où les modifications des pression de clôture urétrale à ce niveau en fonction de l'âge et au cours du cycle menstruel.

      • Les trois sphincters musculaires striés (Selon Davies) qui représentent ensemble le système sphinctérien distal de l'urètre à commande volontaire :
        • Le sphincter urétral supérieur (fibres péri-urétrales), situé au niveau de la portion proximale de l'urètre, formé de fibres provenant des faisceaux musculaires pubo-coccygiens des muscles élévateurs de l'anus et cravatant la paroi postérieure de l'urètre proximal.
          Ce sphincter permet l'obtention, au-dessus du niveau des élévateurs de l'anus d'un gradient pression positif de 10 à 20 millibars comparée à la pression intravésicale pour une vessie qui n'a pas encore atteint la limite de sa capacité physiologique de remplissage.
          A l'effort, avec l'augmentation de la pression intra-abdominale et intravésicale ce gradient positif est maintenu entre la vessie et l'urètre proximal (phénomène de transmission des pressions à l'ensemble des organes intra-abdominaux, vessie et urètre proximal compris).

        • Le sphincter moyen de l'urètre composé de fibres musculaires circulaires externes au niveau de sa portion moyenne.
          Ce sphincter permet l'obtention d'un gradient de pression positif 40 millibars.
          A l'effort, la pression au niveau de la portion moyenne de l'urètre n'augmente que légèrement, ou pas de tout (en raison de sa localisation anatomique hors de l'enceinte intra-abdominale), donc ce gradient de pression peut devenir négatif entre et l'urètre moyen et la vessie.

        • Le sphincter inférieur composé des faisceaux musculaires provenant des muscles ischio et bulbo-caverneux qui cravatent la face antérieure de la portion distale de l'urètre. Ce sphincter permet l'obtention d'un gradient de pression positif 10 millibars.

      • Ce système sphinctérien son rôle est maintenir la continence urinaire et ne se relâche pas qu'au moment de la miction afin de laisser l'urine détenue dans la vessie sortir vers l'extérieur du corps à travers le canal urétral et le méat urinaire. En dehors de la phase de miction. En cas d'insuffisance de ce système sphinctérien urétral, c'est-à-dire la faiblesse de la tonicité des fibres musculaires qui le compose, on peut voir apparaître des incontinences urinaires à l'effort (toux, rire, port de charge lourdes, sauts...), et parfois les fuites urinaires sont continues dans les insuffisances sphinctériennes graves.  

    • L'urètre et la sexualité :
      • Comme cela décrit précédemment, la tunique spongieuse de la paroi de l'urètre comporte de tissu érectile.
      • Le fantasme urétral : c'est le plaisir lié à la miction qui fait partie des cinq fantasmes psychosexuels qui sont les fantasmes oral, phallique, génital (vulvo-vaginal), anal et urétral.
      • L'urophilie (l'urolagnie) : certaines femmes témoignent d'une satisfaction sexuelle lié à la miction, en émettant ou à recevoir les urines dans un moment contemporain de l'orgasme.
      • Certaines femmes retiennent leurs urines dans le but d'accroître les sensations pelviennes dans l'attente de la pénétration, pour pouvoir uriner, donc se libérer pendant le coït. 

    • Les pathologies les plus fréquemment rencontrées en Gynécologie & Obstétrique :

      • Les urétrites qui sont liées à la courte longueur de l'urètre chez la femme, et à sa position anatomique, très proche de l'orifice vaginal et la région anale.

      • Les diverticules de l'urètre (DU) :
        Le diverticule de l'urètre est un sac secondaires à une hernie de la muqueuse a travers un défect de la musculeuse de l'urètre, amis en effet, il s'agit de faux diverticule, parce que sa paroi est constituée d’un tissu fibreux tapissé d’un épithélium souvent remanié par des phénomènes inflammatoires.

        Les théories expliquant leurs survenue sont multiples : anomalie congénitale (Les diverticules urétraux peuvent être observés chez les nouveaux-nés, il évoluent aux dépens de reliquats embryonnaires mésonéphritiques : canal de Gartner) ; traumatismes, en particuliers obstétricaux ou suite à des traumatismes iatrogènes (sondage, dilatation...), mais le mécanisme plus fréquemment admis et celui d'une inflammation suivie d'une obstruction des orifices des glandes péri-urétrales des lacune de Morganis qu'on trouve au sein de la muqueuse qui tapisse la lumière de l'urètre ; les glandes obstruées se dilatent par l'accumulation de leurs sécrétions, puis secondairement , et souvent suite à une infection secondaire forment des abcès qui se fistulisent vers la lumière urétrale ; les cavités laissées par les abcès s'épithélialisent secondairement et forment des diverticules urétraux qui constituent des niches pour certaines bactéries, en particuliers, les E. Coli. Ces diverticules se remplient par des sécrétions de la muqueuse urétrale, par du pus, du sang, et aussi par les urines, et parfois ils contiennent des lithiases urinaires et aussi une tumeur solide.

        Le diverticule urétral peut rester asymptomatique, mais les symptômes les plus fréquemment décrits sont : la dysurie ; les infections urinaires récidivantes ; les gouttes urinaires retardataires ; la dyspareunie ; l'hématurie.

        L'examen clinique est parfois normal, mais souvent on peut constater lors de l'examen gynécologie de la présence d'une formation (unique ou multiples) kystique évoluant dans le septum urétro-vaginal (kyste sous-urétral), de volume variable, en moyenne 2 cm (0,5 à 5 cm) ; souvent situé au niveau de l'urètre distal (au niveau de la localisation des glandes péri-urétrales), mais il peut être présente au niveau d'autres segments de l'urètre. l'expression digitale de cette tuméfaction peut rien donner comme elle faire apparaître un écoulement urétral constitué du pus, du sang ou des urines.

        Le diagnostic différentiel : le prolapsus génital de type d'urétrocèle ; les kystes vestigiales du canal de Gartner (les kystes wolffiens ou mésonéphrotiques) ; un kyste ou un abcès des glandes para-urétrales de Skéne ; un fibromyome péri-urétral ou vaginal ; une métastase vaginale...

      • Les ectropions de la muqueuse endo-urétrale au niveau du méat urétral qui peut prendre une forme polypoïde ou polype pédiculé ou sessile, de volume variable, souvent à l'origine de saignement à distinguer des saignements d'origine génitale.

        Les kystes des glandes de Skéne (glandes para-urétrales) qui se forment suite à l'obstruction de leurs canaux excrétoires : ces kystes se situent souvent d'une des deux côté du méat urinaire.

      • Les métastases urétrales d'un cancer de l'appareil génital (col, endomètre...) ou vessie

    • Références :
      Mimoun Sylvain. Petit Larousse de la sexualité. Larousse 2007.
      P.Kamina. Anatomie opératoire - Gynécologie & Obstétrique. Maloine 2000.
      A. Bourcier. Le plancher pelvien - Explorations fonctionnelles et réadaptation. Vigot 1989
      P.Kamina. Anatomie gynécologique et obstétricale.4°n édition, Maloine s.a. éditeur paris 1984.

    • Thèmes médicaux en rapports avec l'urètre :



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