Ugarit ou Ougarit (Ras Shamra)
Région de Lattaquié / Syrie
Auteur : Aly Abbara
MAJ : 30 Mars, 2014


Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash


Ugarit - ruines - Statue du dieu El - XIII° siècle av. J.-C. - Musée de Lattaquié - Syrie

  • Statue du dieu El :
    Découverte à Ugarit en 1988, au centre-ville dans une fosse du pillage d'un temple à proximité, il s'agit du temple aux rhytons (coupes à boire en forme de tête d'animal ou de corne).

    Elle est datée de l'Àge du bronze récent, vers le XIIIe siècle av. J.-C.
    Statue en calcaire : hauteur = 25 mm ; largeur 12 cm et profondeur = 11 cm.
    Les pièces manquantes sont les bras (en bois ou ivoire) et les yeux (coquilles blanches et pierres noires).
    Cette statue est exposée au musée de Lattaquié, en Syrie.

    Le dieu El est représenté comme étant un homme âgé assis sur une chaise à haut et large dossier ; il porte sur lui un long manteau à bordure en ourlet. Le personnage porte sur sa tête une haute tiare ; son visage finement sculpté et très expressif finissant par une longue barbe triangulaire avec une pointe atteignant le milieu du sternum.
    La position assise, l'âge, l'attitude, l'habillement et les expressions du visage dégagent l'impression d'une grande sérénité, de confiance et de puissance.

  • Dieu El :
    Le nom El (إيل) signifie tout simplement " dieu - ilah en arabe - إله " chez les peuples Sémites (الساميون) de l'ouest de la Syrie.
    El " le dieu sage et âgé " est une divinité très ancienne ; c'est le grand dieu solaire et la divinité suprême qui prend la première place du panthéon chez les Sémites de la côte syrienne (les Sémites occidentaux). Il domine sur le pays de Canaan tout entier ; il habite dans un pavillon au bord de la mer, près des embouchures des fleuves afin de les faire se déverser dans les Océans après avoir fertilisé la terre.

    Parmi ses titres :
    • " Père des années - أبو السنوات " car il règle le cours des fleuves ;
    • " Roi = malik - ملك " comme étant la source du pouvoir royal, alors le régnant portait le titre de "fils d'El - إبن إيل ".
    • " Taureau - الثور " ou " Taureau-El - الثور إيل " parce que cet animal est le symbole de la force et la puissance chez les Canaanéens, mais le dieu El lui-même n'est pas identifié à cet animal.
    • " Père de l'humanité - أبو البشرية " : ce titre le rend un dieu proche des hommes.
    • Il est aussi le " Père des dieux - أبو الآلهة", de tous les dieux sauf " Baal - بعل" qui est le fils de "Dagan - داغان "

  • " El " joue un rôle important dans la mythologie ougaritique, en particulier dans l'épopée de "Keret" et de "Danel" et dans le mythe de "La naissance des dieux" où il est le père de deux divinités : Les deux déesses, Athirat et Rahmay ont conçu des œuvres du dieu El leur père, Shahar (l'Aurore - الفجر ـ الصبح) et Shalim (peut être le Crépuscule - الشَفَق) qui marquent la naissance du temps cyclique avec l'alternance du jour et de la nuit, d'où son titre de " Père des années - أبو السنوات ". Athirat et Rahmay mettent ensuite au monde les " Dieux Gracieux ", dévoreurs insatiables des ressources de la steppe, seule offrande de produits agricoles mettra fin à leur boulimie. Ce texte est en rapport avec la création du temps et des saisons par El ; c'est aussi une incitation à la pratique et le développement de l'agriculture afin de nourrir et rassasier ses fils gloutons (les dieux gracieux).

  • Le dieu El, en voyant deux femmes au bord de la mer " qui font monter l'eau " sa verge se dresse, mais au moment de l'union sexuelle avec elles, il perd la vigueur de son érection pénienne, alors les deux femmes crient et répètent de désespoir : " O époux, époux, ta verge est basse, la tension de ton membre languit " en ne l'appelant plus " époux " mais "papa" car elles sont ses filles.

    Par ce mythe de l'impuissance sexuelle soudaine, même qu'en ayant le géniteur de tous les dieux, sauf "Baal" , El tombe en rang secondaire, laissant la place à des divinités plus jeunes, en particulier à "Ba'al", mais sans qu'il soit mis à mort ou à l'exil comme c'est le cas de Zeus dans la mythologie grecque, qui oblige son père "Cronos" à l'exil suite à la gigantomachie (la guerre des dieux).

  • Parmi les fils d'El on cite le dieu Môt : c'est l’esprit de la moisson ; il domine dans la campagne durant l'été où les terres sont desséchées et les grains sont prêts à être récoltés. Môt domine aussi dans les plaines non fécondées par l'eau des cieux (l'eau de Baal). A chaque moisson, Môt est sacrifié par la Déesse 'Anat (عنات), mais il s'agit d'une mort brève afin de ne pas opérer une interruption dans son règne.
    Il sera vaincu dans un combat avec Aleyin, fils de Baal, au début de la saison des pluies et sera abandonné par son père El qui a déjà fixé son destin.

    Mythe de Kéret (Keret) :
    D'après : " Les textes légendaires et mythiques" traduits et commentés dans dans Caquot, Sznycer, Herdner. 1974.

    Ce roi qui a perdu femme et enfants est consolé par le dieu El qui lui promet une descendance au cours d'une vision nocturne.
    Pour cela Keret doit lever une armée et se rendre à la ville de Udum pour demander manu militari la main de Hurray, fille du roi Pabil, non sans avoir au passage fait un vœu dans le sanctuaire de la déesse Athirat fille d'El.

    La promesse d'El se réalise, mais le vœu envers Athirat a-t-il été accompli correctement ?

    Lors d'un banquet, l'assemblée apprend que Keret va mourir et qu'il sera remplacé par son fils Yassib. La maladie se prolonge et Keret demande la présence de sa "huitième " fille.

    Le dieu El envoie ensuite une guérisseuse dont les soins vont entraîner le rétablissement de Keret et la restauration de son trône aux dépens de Yassib qui souhaiterait prolonger sa royauté intérimaire...
    La fin de la légende est inconnue.

    D'après certains auteurs, Keret est aussi le fils d'El : il est le soldat de la déesse Sapas et également le roi des Sidoniens.

    Notes :
  • Aube (الفَلَق) : Moment qui précède l'aurore, où la lumière du soleil levant commence à blanchir l'horizon ; point(e) du jour.
  • Aurore (الفَجْر ـ الصُبْح) : moment qui suit l'aube et précède immédiatement le lever du soleil, où l'horizon présente des lueurs brillantes et rosées.
  • Crépuscule (الشَفَق) : lumière faible et incertaine qui subsiste après le coucher du soleil avant que la nuit ne soit complètement tombée.
  • Référence : Trésor de la langue Française.


    الفَلَق : الصُبْح أو الفَجْرُ ينشق من ظُلمَة الليل

    الفَجر (الصُبح) : ضوء الصباح قبل ظهور الشمس

    الشَفَق : بقية ضوء الشمس وحمرتها بعد غروبها ويتبعه الغَسَق

    الغَسَق : ظلمة أول الليل الداكنة التي تتبع الشفق

Syrie
Sommaire  voyages
Ugarit

Conacter : Dr Aly ABBARA
 
   
  www.aly-abbara.com
www.avicenne.info
www.mille-et-une-nuits.com
Paris / France