Vaginose bactérienne
ou vaginite à Gardnerella

  • Définition de la vaginose bactérienne (VB) :
    Il s'agit d'un déséquilibre et d'une modification profonde de la flore commensale du vagin avec une quasi-disparition des lactobacilles (inférieur à 5 %) et un développement anormal d'une flore vaginale plurimicrobienne comprenant d'autres micro-organismes principalement anaérobies (Gardnerella vaginalis, bactéroïdes species, peptostreptococcus, prevotella, mobilincus, porphyromonas, atopobium) et d'ureaplasma urealyticum, mycoplasma hominis. Ceux-ci se développent et deviennent majoritaires dans le vagin.
    Ces germes anaérobies stricts utilisent le glycogène. Ils synthétisent des amines biogènes qui alcalinisent la cavité vaginale dont le pH s'élève au-delà de 5.

    Les facteurs favorisants sont les facteurs qui sont à l'origine de l'altération de la flore vaginale saine :
    Les antibiotiques, les corticoïdes, les infections sexuellement transmissibles (IST), puis les modifications de la flore vaginale en fonction de l'âge, du cycle menstruel, du mode de vie, le tabagisme, des troubles hormonaux, des contraceptifs hormonaux, le DIU, de la grossesse, certaines pathologies (diabète, déficience immunitaire...) et de la mauvaise hygiène.
    .
  • Cliniquement :
    Leucorrhées homogènes et grisâtres ;
    Odeur vaginale nauséabonde caractéristique (de poisson pourri) ;
    Parfois une sensation prurigineuse vaginale ;
    Absence d'inflammation ou d'ulcération de la muqueuse vulvo-vaginale car il s'agit plutôt d'un déséquilibre de la flore vaginale qu'une infection ;
    pH des sécrétions vaginales supérieur à 5.

  • Fréquence :
    Il s'agit d'une infection vaginale très fréquente retrouvée chez 5 % des étudiantes, 25 % des femmes qui consultent pour leucorrhée, 16 à 29 % des femmes enceintes.
    Plus précisément, la vaginose bactérienne est retrouvée chez 14 et 34 % de la population générale Nord Américaine ; chez 4 et 14 % de la population européenne.

  • La vaginose bactérienne chez la femme enceinte :
    Chez les femmes enceintes, chronologiquement les complications peuvent être :
    • métrorragies du premier trimestre ;
    • avortement du second trimestre ;
    • rupture prématurée des membranes ;
    • accouchement prématuré (augmentation du risque de 60 %) ; le lien entre l'accouchement prématuré et la vaginose bactérienne est d’autant plus fort que la prématurité est sévère et que les anomalies de la flore bactérienne vaginale sont mises en évidence précocement au cours de la grossesse. En cas d'association de ces deux pathologies, les micro-organismes retrouvés au niveau du liquide amniotique, du chorion ou du placenta en cas de menace d’accouchement prématuré ou d’accouchement prématuré sont les mêmes que ceux que l'on trouve dans la vaginose bactérienne.
      Le mécanisme le plus probable peut être l’ascension (probablement au début de la grossesse) des germes pathogènes de la vaginose bactérienne vers la caduque et les membranes ovulaires, provoquant une endométrite subclinique, puis une chorio-amniotite, des facteurs inflammatoires déclenchant la libération et l’activation de protéases, de cytokines et de précurseurs de prostaglandines, donc les contractions utérines et la rupture prématurée des membranes et dans des stades plus avancés l'infection étendue au placenta et au fœtus....
    • infection néonatale et hyperthermie du post-partum ;
    • infections génitales hautes (salpingites, endométrite) ;
    • surinfection du site opératoire après césarienne et après chirurgie pelvienne.

  • Le diagnostic bactériologique de la vaginose bactérienne :
    • Le diagnostic bactériologique repose sur la réalisation du Score de Nugent, Cette exploration microscopique est actuellement plus sensible et spécifique que le diagnostic clinique des vaginoses bactériennes :
      • En explorant par examen direct, après coloration de Gram, des sécrétions vaginales prélevées au niveau du cul-de-sac postérieur ou latéral du vagin on peut établir le score de Nugent qui divise la flore vaginale en trois groupes :
        • Groupe 1 :
          • Score compris entre 0 et 3.
            • flore normale, à prédominance de lactobacilles.
        • Groupe 2 :
          • Score compris entre 4 et 6 :
            • flore intermédiaire, avec des lactobacilles peu abondantes et associées à d'autres morphotypes bactériens peu différenciés en petites quantités.
        • Groupe 3 :
          • Score compris entre 7 et 10.
            • flore évocatrice d'une vaginose bactérienne. Les lactobacilles ont disparu, au profit d'une flore anaérobie abondante et polymorphe.

  • Le traitement :
    • Le traitement repose sur le métronidazole par voie orale ou par voie vaginale ; 1g/j pendant une semaine.
    • 30 % des patientes rechutent dans le mois qui suit le traitement et il existe 80 % de récidives à 9 mois.

    • Certains Auteurs recommandent d'associer un traitement local pour restaurer une flore vaginale normale et donc prévenir les récidives :
      • acidification de la muqueuse vaginale (acide ascorbique, acide lactique) ;
      • œstrogène local à dose dégressive pendant 2 à 3 mois.
    • Puis l'administration de probiotiques localement, ou par voie orale pour coloniser le vagin par certaines souches de probiotiques favorisant la reconstitution de la flore bactérienne vaginale saine.


  • Références :
    Bohbot Jean-Marc (Institut Alfred-Fournier Paris) : données scientifiques publiées par Laboratoire MERC - août 2006.
    P. G. Judlin, A, Zaccabri, A. Koebelle, A, Barbarino, G. Burlet et A. Pavis. " Infections génitales ". " Traité de gynécologie " p;411. Médecine-Sciences Flammarion 2005.
    D. Gallot, N Sterkeres, V. Sapin, H. Laurichesse et D. Lemery " Rupture prématurée des membranes aux deuxième trimestre " - "Traité d'Obstétrique". p;276. Flammarion Médecine-Sciences 2003


Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour : 6 juillet, 2008


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