Amniocentèse
  • En attendant la progression et la généralisation des techniques de l'étude non invasive du caryotype fœtal par l'isolement de cellules fœtales dans le sang maternel, les praticiens ne connaissent que des moyens invasifs pour étudier le caryotype fœtal, ces moyens sont :
    • L'amniocentèse avec analyses du caryotype des cellules fœtales contenues dans le liquide amniotique. Les résultats sont obtenus au bout de 10 à 15 jours car il les analyses sont obtenues à partir de cellules (amniocytes) cultivées. Il existe actuellement des techniques permettent de s'affranchissant de l'étape de culture cellulaire et d'obtenir des résultats à partir d'amniocytes non cultivées avec des résultats obtenus plus rapidement; ces techniques sont :
        • les techniques de cytogénétique moléculaire ( FISH) qui permettent un diagnostic rapide (24 à 48 heures) mais ce sont des techniques difficiles, peu automatisable, et non fiables en présence d'un liquide amniotique contaminé par des éléments d'origine maternel (sang et cellules) ;
        • des techniques de génétique moléculaire, parmi elles, la QF-PCR ( PCR quantitative fluorescente) qui se base sur l'amplification par PCR de marqueurs polymorphes spécifiques des chromosomes 13,18, 21, X et Y. C'est une technique qui utilise une plus faibles quantités de liquide amniotique et permet de repérer la contamination du liquide amniotique par le sang maternel et enfin, elle est plus rapide car elle est automatisable.
      • Ces deux techniques sont des techniques ciblées pour étudier seulement des chromosomes particuliers (13,18, 21, X et Y) ou des régions chromosomiques reconnues par les sondes ou les marqueurs moléculaires choisis en fonction du context clinique car ce sont dans la majorité des cas des anomalies de strucutre chromosomique qui sont à l'origine de certaines malformations congénitales.
    • L'amniocentèse peut être réalisée à n'importe quel terme de la grossesse à partir de 12 - 13 semaines d'aménorrhée, mais elle est le plus souvent pratiquée entre 15 et 18 semaines d'aménorrhée (après le dosage des marqueurs sériques et avant la perception des mouvements actifs fœtaux par la future maman).
    • Le prélèvement de sang de cordon fœtal : cette technique permet d'obtenir des résultats rapides (72 heures), mais elle n'est pas sans risque pour le fœtus.
    • Le prélèvement de villosités choriales qui peut être réalisé plus précocement, entre 8 et 11 semaines d'aménorrhée.
  • Amniocentèse :
    • C'est le prélèvement par ponction, d'une petite quantité du liquide amniotique ; la ponction est effectuée sous contrôle échographique afin de permettre au médecin de savoir la position exacte du fœtus et de surveiller ses mouvements dans le but d'éviter de le traumatiser.
    • Ce geste n'est pas douloureux mais impressionnant pour la future maman. Le jour même de l'amniocentèse, il est conseillé de ne pas effectuer des activités éprouvantes.

    • Le liquide amniotique prélevé contient des cellules d'origine fœtale, elles sont mises en culture cellulaire permettant leurs multiplications et par conséquence la possibilité d'étudier leur système chromosomique, ou leur caryotype, c'est-à-dire la forme et le nombre des chromosomes qui possèdent. De cette manière le médecin biologiste peut dépister les anomalies de nombre chromosomique (comme la trisomie 21, la trisomie 13,  la trisomie 18, les anomalies des chromosomes X et Y comme la monosomie de Turner...) et les anomalies des formes chromosomiques et enfin il peut déterminer avec exactitude les sexe du fœtus.
    • Le liquide amniotique contient aussi beaucoup de substances non cellulaires, des études biochimiques et enzymatiques sur le liquides amniotiques peuvent permettre la mise en évidence d'un nombre important de maladies génétiques comme la mucoviscidose, et des anomalies morphologiques fœtales comme les anomalies de la fermeture du de la paroi abdominale et les anomalies du tube digestif et neural ; et enfin des recherches spécifiques dans le liquide amniotique peuvent permettre de diagnostiquer certaines maladies infectieuses transmises de la mère à son enfant comme la toxoplasmose, le cytomégalovirus et la rubéole.
      Anciennement, certains centres pratiquaient l'amniocentèse pour réaliser des prélèvements avec de recherches bactériologiques sur le liquide amniotiques chez les femmes enceintes présentant une rupture prématurée des membranes.

  • En France, les indications de l'étude du caryotype fœtal qui sont prises en charge par la Caisse d'Assurance Maladie sont :
    • Âge maternel supérieur ou égale à 38 ans au moment de la ponction ;
    • Antécédents d'enfant porteur d'une anomalie chromosomique ;   
    • Lorsque l'un des deux parents porte une anomalie chromosomique équilibrée susceptible de se déséquilibrer chez l'enfant ;
    • Les maladies liées au chromosome X ;
    • Les signes d'appel échographiques ;
    • Les dosages de marqueurs sériques, lorsque le taux de risque est supérieur ou égal à 1/250.

  • Consulter aussi :
      • Image animée montrant la technique de l'amniocentèse écho-guidée.
      • Caryotype féminin normal
      • Caryotype masculin normal 

        Depuis une dizaine d'années, les techniques de cytogénétique moléculaire ( FISH) permettent le diagnostic rapide (24 à 48 heures) des principales aneuploïdies sur amniocytes non cultivés en s'affranchissant de l'étape de culture cellulaire. L'hybridation in situ a fait, depuis, la preuve de sa sensibilité et de sa spécificité , respectivement 97 et 99.9%.
        Il s'agit par contre d'une technique fastidieuse, peu automatisable, prise en défaut en présence de prélèvements hémorragiques ou contaminés par des cellules maternelles.
        Plus récemment, des techniques de génétique moléculaire ont été développées et appliquées au diagnostic prénatal rapide des aneuploïdies. Parmi elles, la QF-PCR ( PCR quantitative fluorescente) qui repose sur l'amplification par PCR de marqueurs polymorphes spécifiques des chromosomes 21,13,18, X et Y semble aussi sensible et spécifique que la FISH (V .Cirigliano) et a sur elle l'avantage d'ètre automatisable, plus rapide, d'utiliser de plus faibles quantités de liquide amniotique et de permettre de repérer les contaminations maternelles.
        Ces deux techniques ont pour inconvénients d'être des techniques ciblées donc non adaptées au diagnostic des anomalies de la structure chromosomique à l'exception de celles impliquant les régions chromosomiques reconnues par les sondes ou les marqueurs moléculaires utilisés. Elles sont également moins sensibles que le caryotype conventionnel pour le diagnostic des mosaïques et méconnaissent les trisomies " exotiques " : 20 à 30 % des remaniements cliniquement significatifs échappent ainsi au diagnostic rapide ( P.Lewin ,M.I.Evans ).
        Ce " risque résiduel " après une FISH ou une QF-PCR normale dépend de l'indication du caryotype : 0.6% si l'indication du caryotype est l'âge maternel, 1.5% si le caryotype est étudié pour signe d'appel échographique ( J.Hower).
        La révision récente de la nomenclature des actes de biologie médicale autorise la prise en charge de la FISH interphasique dans le cadre de l'indication " signes d'appel échographiques ". Les limites de la technique doivent ètre prises en compte dans l'information donnée à la patiente et imposent que l'examen soit complété par un caryotype en cytogénétique conventionnelle.
        D'autres techniques de génétique moléculaire (MLPA, microarrays…) devraient permettre à l'avenir d'accroître les performances du diagnostic rapide des anomalies chromosomiques. Leur coût autant que leurs performances sont à évaluer.

Auteur : Dr Aly Abbara
Dernière mise à jour : 8 Septembre, 2012

Liste des termes

Accueil du livre



www.aly-abbara.com
www.avicenne.info
www.mille-et-une-nuits.com

  Paris / France