Frottis cervico-utérin (FCU)
Frottis cervico-vaginal


Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour : 6 Mars, 2013


 

  • Il s'agit d'un prélèvement cellulaire au niveau du col utérin et de la partie profonde du vagin (FCV) qui sera examiné par un Médecin Anatomopathologiste afin de dépister précocement toute anomalie cellulaire pouvant évoquer la présence d'une lésion précancereuse ou d'un cancer du col utérin.

  • Actuellement le frottis n'est effectué qu'au niveau du col utérin (au niveau de l'exocol et de l'endocol) d'où la terminologie récente :
    frottis cervico-utérin (FCU).

    • Intérêts :
      En principe ce prélèvement de dépistage permet de mettre en évidence précoce des lésions précancéreuses (des lésions bénignes, mais pouvant évoluer vers un cancer) et les cancers débutant au niveau du col utérin ; grâce à ce dépistage, une prise en charge rapide et précoce peut être débutée permettant l'augmentation de la chance d'une guérison complète de la maladie.

      D'après Sasieni (BMJ 2009) la politique du dépistage du cancer du col utérin par le FCU permet de réduire de 60 % le nombre de cancer du col utérin chez les femmes âgées de 40 ans, et 80 % chez les femmes âgées de 64 ans.
    • Abréviation
      • FCV
      • FCU (terminologie actuelle).

    • Synonyme :
      • Cytologie du col utérin.

    • Rythme et conditions de réalisation :
      • Les frottis du col utérin sont faits par le Médecin ;
      • Selon les conférences consensus de Lille (1990, 1994, et 2004) :
        • Ils sont effectués une fois tous les 3 ans (quand le frottis est considéré tout à fait normal, donc ne comportant pas de cellules dysplasiques ou tumorales) et cela jusqu'à l'âge de 65 ans ;
        • Il n'est pas recommandé de faire le frottis du col utérin chez les femmes ayant un âge égale ou inférieur à 25 ans.
      • Le frottis doit être réalisé chez toutes les femmes en période d'activité génitale. Il est fait :
        • en dehors des règles et de tout saignement ;
        • il ne faut pas qu'il soit réalisé après une toilette vaginale ;
        • ni après la mise en place d'ovules ou de crème vaginale (48 heures au moins) ;
        • ni en cas d'infection cervico-vaginale (un mois après le traitement de l'infection).

      • Le frottis cervico-utérin (FCU) est fait après installation en position gynécologique et après la mise en place d'un spéculum sans lubrifiant.
      • Le frottis cervico-utérin (FCU) peut être effectué :
        • Soit par la technique classique, c'est-à-dire sur lames (une lame pour le frottis de l'exocol et la jonction endo-exocervicale, puis une deuxième lame pour le frottis de l'endocol).
          • Le prélèvement se fait par frottement à l'aide :
            • d'une petite spatule en bois (à extrémité simple et extrémité bifide) afin de réaliser les prélèvements au niveau de la muqueuse tapissant la portion vaginale du col utérin ; ce prélèvement doit être obligatoirement réalisé au niveau de la jonction entre la muqueuse de l'exocol et la muqueuse de l'endocol.
            • d'un écouvillon (une tige en bois portant à son extrémité un petit bourgeon en coton) ou d'une petite brosse pour faire le prélèvement de la muqueuse tapissant l'endocol (le canal cervical).

            • Remarque : quand on réalisait le frottis cervico-vaginaux (FCV), il fallait effectuer, à l'aide d'une spatule en bois, un troisième prélèvement au niveau de la muqueuse tapissant la partie la plus profonde du vagin (cul-de-sac vaginal postérieur) ; puis ce prélèvement était déposé sur une troisième lame.

        • Soit par la technique dans un milieu liquide : le frottis est effectué à l'aide d'une brosse spéciale permettant d'effectuer simultanément un prélèvement cellulaire au niveau de l'exocol, de la ligne de jonction endo-exocervicale et de l'endocol (canal cervical) ; ensuite cette brosse est introduite dans le flacon de recueil. En frottant, par quelques mouvements, la brosse sur la paroi de ce flacon, une grande partie des cellules prélevées au niveau des différentes muqueuses tapissant col utérin va être libérée dans le liquide de conservation cellulaire contenu le flacon.
          • Après fermeture du flacon contenant le prélèvement cervico-utérin et aussi la brosse qui a servi à faire ce prélèvement, le tout est adressé au laboratoire d'anatomopathologie dans le but :
            • d'analyser le frottis cervico-utérin du point de vu cytologique ;
            • aussi, dans certains cas particuliers, sur ce prélèvement il est possible de rechercher la présence de virus HPV potentiellement oncogènes et détecter la présence dans les cellules, de certains types de protéines comme la P16 (une protéine normale du cycle cellulaire surexprimée dans les cellules dysplasiques) et de certains marqueurs comme KI-67 (marqueur de la prolifération cellulaire). La recherche, dans des cas particuliers, de ces deux indicateurs aide à approfondir l'analyse des cellules étudiées afin de donner le meilleur diagnostic possible puis la meilleure prise en charge future.
    •   Fichiers associés :
      • L'aspect hyperéchogène de l'endocol après la réalisation d'un frottis cervic-utérin
      • Colposcopie
      • Terminologies colposcopiques
      • Classification des anomalies cytologiques du col utérin selon le système Bethesda

      • D'après : CARCOPINO Xavier "Faut-il dépister avant 25 ans". Congrès de Gynécologie Obstétrique et Reproduction, Journée Jean Cohen Paris, 5/11/2010 :
        • Le premier frottis cervico-utérin (FCU) doit être réalisé après 25 ans (20 à 25 ans) car :
          • Avant cet âge, l'immaturité cervicale rend différentes la réaction, l'histoire naturelle et la physiopathologie de l'infection à HPV qui est le plus souvent transitoire.
          • La signification et l'évolution de la dysplasie sont différentes à cet âge.
          • Il existe un risque non négligeable de sur-traitement qui est bien souvent inutile et toujours dangereux.
          • Le cancer du col utérin est rarissime avant 25 ans (56 cas soit 2,5 % des cancers du col utérin en 2006 en Grande-Bretagne, d'après WISE BMJ 2009). Cette même étude montre que le 1/3 des FCU sont anormaux avant 25 ans, versus 1/14 après 25 ans et qu'il existe beaucoup de faux positifs entre 20 et 25 ans.

          • Moscicki (Lancet 2004) montre que chez les adolescentes, la probabilité de régression spontanée des CIN I est de l'ordre de 61 % à 12 mois et de 91 % à 36 mois.
          • Moscicki et all (IPC Montréal 2010) montrent que chez 95 patientes âgées de 13 à 24 et atteintes de lésion cervicale de type CIN II, une régression spontanée est constatée chez 70 % des cas.

          • Moore et al. (Am J Obstet Gyn 2007) montre que chez 501 patientes d'âge de < 21 ans, chez qui 35 % des patientes présentent CIN II et III : après abstention thérapeutique et suivi de 18 mois, la régression des lésions cervicales est constatée dans 56 % des cas ; persistance (stabilité) dans 20 % et progression des CIN III dans 5 % des cas (mais pas de cancer). Avec un suivi de 26 mois et une prise en charge thérapeutique (d'après LLETZ) : régression dans 84 % des cas, persistance/stabilité dans 11 % des cas et progression des CIN III dans 5 % des cas, donc avec est sans prise en charge thérapeutique, la progression des CIN III était identique. Sasieni (BMJ 2009) montre que le dépistage du cancer du col utérin par FCU chez les femmes âgées de 22 à 24 ans, ne diminuera pas significativement l'incidence du cancer du col entre 25 et 29 ans.

          • Moscicki et al. (Obstet Gyn 2008) montre que sur 622 cas de FCU anormaux chez des patientes âgées de 13 à 24 ans, le diagnostic final était selon la répartition suivante : CN I (153 cas, soit 24,5 % des FCU anormaux) ; CIN II (722 cas, soit 12,7 % des cas) ; CIN III (39 cas, soit 6,3 % des FCU anormaux) - aucun cas de cancer du col utérin.

Auteur : Dr Aly Abbara
 
   

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