Vagin
Vagina, مهبل

Auteur : Dr Aly Abbara
 

 
 
  • Anatomiquement :
    Le vagin est situé dans la cavité pelvienne, entre la vessie et l'urètre () en avant et le rectum en arrière ; il se fixe en haut sur le col utérin (عنق الرحم) qui fait saillie dans sa cavité mais les parois vaginales restent séparées du col utérin par un cul-de-sac (رتج) annulaire (ou fornix vaginal) divisé en quatre segments (deux culs-de-sacs latéraux, droit et gauche; un cul-de-sac antérieur et postérieur).

  • Le vagin n'est pas un tube ni un canal ni une cavité ouverte en permanence, car ses deux parois, antérieure et postérieure sont appliquées l'une contre l'autre, lui donnant un aspect aplati, mais ces parois peuvent s'écarter pour permettre l'introduction du sexe de l'homme, un tampon, un doigt, un instrument médical (spéculum, écarteur vaginal...) ou lors du passage du fœtus au cours de l'accouchement. Donc le vagin est un organe extensible, capable d'épouser la forme de l'organe ou l'objet qu'il contient.

  • Morphologiquement le vagin est plus étroit au niveau de son tiers inférieur, près de la vulve, puis il s'élargit au niveau de son tiers moyen et surtout au tiers supérieur, cette étroitesse relative dans la portion vaginale située près de son entrée vulvaire est due à la présence des fuseaux musculaires des muscles releveurs de l'anus qui encerclent cette partie du vagin en arrière et bilatéralement. Cet encerclement musculaire donne au vagin une forme coudée (arquée), donc en position débout, sur un plan sagittal médian, la partie basse du vagin est oblique (de l'avant en bas vers l'arrière en haut), la partie haute du vagin est presque horizontale, et l'orifice externe du col utérin est posé sur la paroi postérieure du fond du vagin car l'axe du col est presque vertical sur la paroi vaginale postérieure.
    En position allongée sur le dos (décubitus dorsal), les deux axes vaginaux (l'axe de la partie inférieure et l'axe de la partie supérieure) forme un arc ou angle obtus ouvert vers l'arrière et dont la valeur est égale à environ 140° ( ; ; ; )
  • Chez la femme adulte, en période d'activité génitale, la longueur moyenne du vagin (de son orifice externe, au fond du vestibule vulvaire, jusqu'au col utérin) est de 8 cm ; donc le vagin n'est pas plus long que le majeur (le troisième doigt de la main d'un adulte), mais cette longueur varie de 4 à 14 cm.

  • La paroi vaginale a une épaisseur de 3 à 4 mm en moyenne, elle est solide et très extensible. Cette paroi est formée de trois tuniques (une tunique externe appelée le fascia du vagin ; une tunique moyenne musculaire et une tunique superficielle, c'est la muqueuse vaginale qui est dépourvue des glandes sécrétoires).

  • Chez la fille et la femme vierge (عذراء), au niveau de l'orifice qui permet l'accès à la cavité vaginale à partir de la vulve (c'est-à-dire l'entrée du vagin ou l'orifice externe du vagin) il existe un repli de la muqueuse appelé l'hymen (غشاء البكارة) qui sépare la cavité vaginale du vestibule vulvaire.
    • Une femme vierge : une femme qui n'a jamais eu de rapports sexuels. Qui possède encore l'hymen. Synonyme : pucelle.

  • Les deux tiers supérieurs du vagin (la partie profonde) sont pauvres en terminaisons nerveuses, donc moins sensibles que son entrée et son tiers inférieur (parties sensibles à la friction).

    Les sexologues décrivent certains points vaginaux qui, sensibilisés, stimulés, permettent d'atteindre l'orgasme :
    • Le plus connu est le point G (décrit pour la première fois par Gräfenberg) ; il est situé à environ 4 cm de l'entrée du vagin, sur la paroi antérieure, il s'agit d'une zone un peu rugueuse se trouvant anatomiquement derrière le trigone de vessie, donc, chez certaines femmes, la stimulation de ce point provoque au départ l'envie d'uriner. Il existe des procédés permettant de rendre cette zone plus éminente dans le vagin (par l'injection de certains produits pharmaceutiques à absorption très lente) et donc plus facile à stimuler lors des relations sexuelles.
    • Les autres points vaginaux à sensibilité sexuelle sont :
      • Le point A (Antérieur), qui se trouve à quelques centimètres au dessus du point G, également sur la paroi antérieure du vagin.
      • Le point P (Postérieur), sur la paroi postérieure du vagin, à mi-distance entre l'entrée du vagin et le col utérin.
      • Le point C qui se trouve dans le cul-de-sac postérieur du vagin.

  • Le vagin et les rapports sexuels :
    • Le vagin est l'organe de la copulation chez la femme, c'est-à-dire l'organe de l'union sexuelle de l'homme et de la femme.
    • Au cours des rapports sexuels et sous l'effet de l'excitation, le vagin s'engorge de sang, se lubrifie par le passage de la lymphe à travers les vaisseaux lymphatiques de ses parois. Morphologiquement, le vagin s'allonge, son fond se dilate pour recevoir la semence du partenaire sexuel et au moment de l'orgasme, les muscles qui encerclent son tiers inférieur se contractent de façon brusque et irrégulière (physiologiquement ces contractures permettent d'extraire le maximum de semence du pénis du partenaire si le couple atteint l'orgasme ensemble ou pour aider ce partenaire à atteindre l'orgasme et éjaculer dans le vagin).

    • Les déchirures vaginales post-coïtales :
      Les modifications physiologiques décrites ci-dessus sont nécessaires pour le bon déroulement de l'acte sexuel (engorgement, allongement, lubrification...). Ces modifications surviennent naturellement grâce à l'excitation sexuelle lors des préliminaires, c'est-à-dire l'ensemble des stimulations à caractère sexuel précédant et préparant l'acte principal le plus important du coït, c'est-à-dire la pénétration.
      Les rapports sexuels caractérisés par une pénétration brusque, violente et sans préliminaires préalables, peuvent être traumatisants et à l'origine de déchirures vaginales plus ou moins graves. C'est un classique de recevoir dans les services d'urgences gynécologiques, et dans le monde entier, des femmes présentant des hémorragies, parfois graves, suite au premier rapport sexuel de la nuit nuptiale. Il s'agit le plus souvent de couples sans expérience sexuelle, puis la timidité, la peur, la tension régnantes et le partenaire masculin pressé de prouver sa virilité et l'accident vite arrivé. Ces déchirures vaginales post-coïtales peuvent se voir aussi après un viol ou après un rapport sexuel mal mené, même chez les couples à longue expérience sexuelle ; et enfin les déchirures vaginales peuvent survenir suite à l'introduction dans le vagin d'objets inadaptés (inadaptation entre le contenu et le contenant, c'est-à-dire le vagin).

      Malheureusement, certaines mutilations sexuelles féminines concernent le vagin comme :
      • Introcision : consiste à élargir l'entrée du vagin par une ou plusieurs incisions de l'hymen et l'orifice vaginal, mais parfois ces incisions dépassent ces limites pour atteindre la vulve voire le périnée. Les victimes sont souvent des filles-femmes qui ne peuvent pas être pénétrées par leurs maris adultes sans cette mutilation.
      • Gishiri cuts : incision du vagin.
      • Angurya cuts : grattage de l'orifice vaginal.
      • Introduction de substances corrosives ou de plantes dans le vagin pour  provoquer des saignements ou pour resserrer ou rétrécir le vagin. 

  • Les leucorrhée physiologiques :
    Les parois vaginales sont dépourvues de glandes sécrétoires, mais malgré cela, ces parois sont recouvertes par un liquide épais, blanchâtre (connu sous le nom de leucorrhée physiologique - الضائعات المهبلية الوظيفية) ; il est composé essentiellement de la glaire cervicale (les sécrétions des glandes du col utérin et plus exactement des glandes de l'endocol) et de la desquamation (chute de la couche superficielle) de la muqueuse qui tapisse les parois vaginales.
  • L'activité sécrétoire des glandes de l'endocol et l'importance de la desquamation de la muqueuse vaginale sont hormono-dépendantes, pour cela, l'abondance et la fluidité des pertes vaginales (les leucorrhées physiologiques) varient en fonction de l'âge : peu abondantes et épaisses chez les fillettes avant la puberté, et aussi chez les femmes ménopausées comparées aux leucorrhées chez les femmes en pleine activité génitale, puis chez ces dernières, l'abondance, la fluidité et l'aspect visqueux filant des pertes vaginales varient en fonction du cycle menstruel ; abondantes, transparentes et filantes au milieu du cycle, près de l'ovulation, et épaisses, blanchâtres et peu abondantes après la fin des règles et dans la deuxième moitié du cycle menstruel, surtout avant les règles.
    Chez les femmes enceintes, ce sont des leucorrhées blanchâtres, plus ou moins épaisses et plus abondantes comparées aux leucorrhées de la femme non enceinte.
    L'allaitement (رضاعة) bien poursuivi, surtout dans les premiers mois, entraîne un blocage de l'axe hypothalamique-hypophysaire-ovarien ; il en résulte le blocage des fonctions ovulatoires et hormonales ovariennes ; cela se traduit au niveau de col utérin et le vagin par une baisse importante de l'activité sécrétoire des glandes endocervicales et la multiplication cellulaire de la muqueuse vaginale et en conséquence, une baisse de la desquamation des couches superficielles de cette muqueuse. Ces deux mécanismes combinés entraînent une nette diminution des leucorrhées vaginales, voire une sécheresse vaginale et une fragilité de la muqueuse vagino-cervicale qui s'amincit et prend un aspect rougeâtre, congestif saignant facilement au contact.
    Ces modifications de la muqueuse cervicale et vaginale décrites dans les premiers mois de l'allaitement peuvent être rencontrées à des degrés plus ou moins identiques chez les femmes utilisant les contraceptifs macroprogestatifs bloquant l'axe hypophysaire-ovarien, mais le plus souvent, le blocage est incomplet, c'est-à-dire l'ovulation est inhibée tout en conservant une activité hormonale sécrétoire ovarienne (œstrogénique) suffisante pour garder un certain degré de prolifération cellulaire vaginale (donc de desquamation - توسف) et d'une activité sécrétoire endocervicale, pour cela, la muqueuse cervico-vaginale de la majorité des femmes utilisant ce type de contraception garde un aspect normal comme toute femme en période d’activité génitale.

  • La flore vaginale :
    Les leucorrhées vaginales physiologiques contiennent physiologiquement une certaine quantité de bactéries formant ce que l'on appelle la flore vaginale, elle est composée essentiellement des lactobacilles ou les bacilles de Döderlein qui protègent le vagin des infections causées par des micro-organismes pathogènes. Cette protection s'explique par des mécanismes multiples ; le mécanisme le plus connu est de maintenir un pH acide dans le vagin, ce qui empêche la prolifération d'un grand nombre de ces micro-organismes pathogènes (microbes, parasites, champignons...).
    Le vagin possède un système d'auto-défense et d'auto-nettoyage grâce à sa flore protectrice, donc la pratique des douches vaginales au cours de l'hygiène intime est inutile, voire nuisible et déconseillée car elle ne fait qu'altérer la flore physiologiquement protectrice et expose le vagin et tout l'appareil génital interne au risque d'infection par des micro-organismes pathogènes (bactéries, parasites et champignons).

  • Les recommandations classiques pour une bonne pratique de l'hygiène intime féminine :
    • La toilette intime doit être limitée à la vulve ; la pratique des douches vaginales et des injections vaginales est à éviter.
    • Il faut prendre soin de faire sa toilette intime à l'aide de la main en appliquant le produit sur la vulve mouillée ; le gant de toilette est à éviter, car c'est un réservoir potentiel de micro-organismes pouvant être à l'origine d'infections du sphère gynécologique.
    • La toilette intime doit être pratiquée de l'avant vers l'arrière (de la vulve vers l'anus), pour ne pas exposer la vulve, le vagin et l'arbre urinaire à des micro-organismes provenant du tube digestif à travers l'anus et la région anale.
    • Il faut utiliser des savons adaptés à la toilette intime, non agressifs, doux et neutres de préférence ; donc l'utilisation de produits acides, alcalins ou contenant un antiseptique est à éviter.
    • La toilette bi-quotidienne est recommandée.
    • Les toilettes intimes excessives ou insuffisantes sont la source d'affections vulvo-vaginales et urinaires.

  • Le vagin comme une voie d'administration de médicaments :
    Le pouvoir absorbant des parois vaginales et leur grande surface d'absorption permettent d'utiliser le vagin comme une voie d'administration pour certains médicaments :
    • des antibiotiques, des antiparasitaires et des anti-fungiques pour traiter certaines infections vaginales : infections bactériennes, parasitaires (trichomonases) et des infections mycosiques (candida albicans en particulier) ;
    • des traitements hormonaux :
      • Les progestatifs (progestérone micronisée) dans le cadre des traitements hormonaux substitutifs (après le transfert d'embryons dans les protocoles de FIV, ICSI, IMCI... puis cette progestérone est utilisée aussi par voie vaginale dans le traitement hormonal substitutif chez les femmes ménopausées.
      • Des œstrogènes à action locale sont aussi administrés par voie vaginale pour traiter l'atrophie et la sécheresse vaginales des femmes en période de postménopause (ما بعد اليأس) ou dans le cadre de la préparation du vagin avant la réalisation de certaines interventions chirurgicales chez ces mêmes femmes (les œstrogènes, en stimulant la prolifération cellualire pré-opératoire, facilitent le clivage chirurgical des parois vaginales).
      • Le vagin est utilisé aussi comme une voie d'administration de la contraception hormonale œstroprogestative par anneau endovaginal, sans oublier les moyens de contraception locale (spermicides, préservatif féminins, cape cervicale...).
    • En obstétrique, les nouvelles techniques de maturation cervicale (تنضيج العنق) et du déclenchement du travail (تحريض المخاض) utilisent le vagin comme une voie d'administration (les gels de prostaglandines et les dispositifs intra-vaginaux libérateurs de prostaglandines ;
    • Certaines prostaglandines sont administrées par voie vaginale (misoprostol) pour obtenir une dilatation cervicale chimique (توسيع العنق الكيميائي) dans le cadre de la préparation du col utérin afin de réaliser certaines interventions chirurgicales au niveau de la cavité utérine par voie vaginale (curetage utérin, IVG chirurgicale, hystéroscopie, et pose de DIU...).

    • Des probiotiques composés de certaines souches de lactobacilles sont administrés par voie vaginale pour rétablir la flore vaginale altérée par certaines infections ou suite à l'administration de certains médicaments, en particulier les antibiotiques.
    • Certains anti-inflammatoires à action locale, sous forme de liquide sont administrés par voie vaginale pour traiter les douleurs et les inflammations du vagin et de la vulve surtout après certaines interventions chirurgicales vaginales et vulvo-périnéales.
    • Enfin, le vagin peut être utilisé comme une voie pour la prise de température corporelle (pas chez les vierges).
 

 
 

 
Auteur : Dr Aly Abbara
Mise è jour : 28 Décembre, 2013
 

 

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