Spermcides
Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour : 18 Novembre, 2012


 

 
  • Spermi- = sperme ; -cide = destructeur
    Les spermicides sont des substances chimiques capables de détruire les spermatozoïdes donc ils jouent le rôle de substances contraceptives quand ils sont placés dans le vagin quelques minutes avant la relation sexuelle en détruisant les spermatozoïdes contenus dans le sperme.
  • Ils existent sous forme de crèmes, de capsules, d'ovules, tampon, et d'éponges. Les crèmes et les ovules doivent être introduit dans le vagin avant chaque relation sexuelle. Les éponges et les tampons sont efficaces pendant 24 heures.
  • Leur effcacité est estimée à environ 75 %. Ils peuvent être associés aux autres moyens de contraception locale comme les préservatifs, les capes et les diaphragmes, ce qui augmente leur effet contraceptif
     
    Cf : Efficacité comparée des méthodes de contraception locale
    Contraception locale

Pour en savoir plus sur les spermicides :

  • Généralité sur les spermicides :
    • Histoire :
      • Ce fut Rendell, en 1885, en Angleterre qui conçoit le premier ovule spermicide, il était composé de quinine et de beurre de cacao.
      • De nos jours, il exite actuellement des centaines d'agents actifs spermicides proposés dans le monde ; une fois en contact avec le sperme, ils provoquent la mort rapide des spermatozoïdes ou leur immobilsation irréversible

    • Indications :
      • Contraception locale : cette méthode diminue considérablement le risque de grossesse sans le supprimer totalement.
        L'efficacité sera d'autant meilleure que le mode d'utilisation sera mieux respecté.
        Ce mode de contraception s'adresse à toutes les femmes en période d'activité génitale, et plus particulièrement :
        • lorsqu'il existe une contre-indication temporaire ou définitive à la contraception orale ou au DIU (dispositif intra-utérin) ;
        • après accouchement, lors de l'allaitement, après interruption de grossesse, ou au cours de la préménopause ;
        • lorsque est souhaitée une contraception épisodique ;
        • lors de la contraception orale, en cas d'oubli ou de retard dans la prise d'un comprimé : dans ce cas, associer les deux modes de contraception pendant le reste du cycle.
      • Adjuvant obligatoire de la contraception locale par obturateur vaginal (diaphragme, cape cervicale) ou par stérilet (en particulier lors de la prise simultanée de certains médicaments, tels que les AINS).

    • Efficacité :
      • D'après les auteurs, l'efficacité des spermicides seuls comme moyen de contraception est donnée par l'indice de Pearl qui de l'ordre de 1 à 5 grossesses pour 100 années/femme, mais on trouve dans la littérature médicale des taux d'échec des spermicides varient de 1 à 30 (indice de Pearl).
        Les taux les plus bas d'échec (indice de Pearl égale ou inférieur à 1) sont signalés chez les couples utilisant les spermicides tout en respectant parfaitement les consignes d'utilisation.

    • Associations déconseillées :
      • En association avec les médicaments utilisés par voie vaginale (antifongiques, antitrichomonas, antibactériens, antiseptiques, antiherpétiques, estrogènes locaux) : tout traitement local vaginal est susceptible d'inactiver une contraception locale spermicide. Attendre la fin du traitement pour (re)commencer une contraception avec un spermicide.
      • Interrompre l'utilsation du spermicide en cas de survenue ou d'aggravation d'une lésion génitale.
      • Savon : les spermicides sont détruits par les savons ; l'utilisatrice ou du partenaires doivent s'abstenir de faire des toilettes locales génitales savonneuse avant ou après les rapports car les savons, même à l'état de traces (dans le vagin ou sur le pénis), détruisent le principe actif.
      • Si une toilette locale savonneuse est effectué après le rapport de la part de l'utilisatrice ou du partenaire, il est nécessaire dans ce cas, si de nouveaux rapports doivent avoir lieu :
        • de procéder à un rinçage soigneux du vagin ou du pénis ;
        • de renouveler l'application du spermicide.

    • Contre-indications :
      • Absolues :
        • Hypersensibilité au principe actif au ou à un des Excipients utilisés dans la prépartion pharmaceutique..
      • Relatives :
        • Médicaments utilisés par voie vaginale (antifongiques, antitrichomonas, antibactériens, antiseptiques, antiherpétiques, estrogènes locaux), savons.

        • On évitera la prescription d'un spermicide à toute personne ne pouvant ni comprendre, ni accepter ce genre de contraception.

  • Les principes actifs à action spermicide :
    • Benzalkonium chlorure (ou chlorure de diméthyl-alkyl-benzyl-amonium) :
      • Spermicide surfactif (surfactant) cationique (agissant en abaissant la tension superficielle des spermatozoïdes et les tuant par déséquilibre osmotique).
      • Mode d'action (mentions légales - Vidal des médicaments) :
        Le chlorure de benzalkonium est à la fois un spermicide et un antiseptique.
        Le principe actif provoque la rupture de la membrane du spermatozoïde. Sur le plan physiologique, la destruction du spermatozoïde s'effectue en deux temps : d'abord destruction du flagelle, puis éclatement de la tête. Cette particularité garantit l'impossibilité d'une fécondation par un spermatozoïde altéré.
        L'efficacité clinique s'évalue par un taux de Pearl corrigé inférieur à 1, si le produit est correctement utilisé, les échecs étant dus pour la plupart à une utilisation incorrecte ou à une absence d'utilisation.
        L'efficacité théorique évaluée au laboratoire est de 100 %, car toute vie spermatozoïdaire est impossible en présence du principe actif, même à l'état de traces. L'efficacité de la méthode varie, elle, suivant la rigueur de l'observation des indications et la précision du dialogue précédant la prescription.
        Il n'y a pas de modification de la flore saprophyte : le bacille de Döderlein est respecté.
        Le chlorure de benzalkonium possède aussi une activité antiseptique :
        • in vitro, le produit est actif sur un certain nombre d'agents infectieux responsables de maladies sexuellement transmissibles, notamment : gonocoques, chlamydiae, herpès virus type 2, VIH, Trichomonas vaginalis, Staphylococcus aureus. En revanche, l'activité est nulle sur les mycoplasmes et faible sur Gardnerella vaginalis, Candida albicans, Haemophilus ducreyi et Treponema pallidum ;
        • in vivo, des éléments font état d'une certaine activité dans la prévention de certaines maladies sexuellement transmissibles sans que l'on ait la preuve de cette action préventive.

      • Le chlorure de benzalkonium ne peut pas être absorbé par la muqueuse vaginale.
      • Il est seulement adsorbé sur les parois vaginales et est éliminé par simple lavage à l'eau ou par le flux physiologique normal.

      • Le chlorure de benzalkonium est commercialisé sous plusieurs formes de préparation pharmaceutiques :
        • Comprimé vaginal (20 mg)
          • Doit être placé systématiquement au fond du vagin avant les rapports sexuels, quelle que soit la période du cycle ;
          • introduire le comprimé vaginal en position couchée, ce qui permet au mieux la mise en place au fond du vagin ;
          • attendre la dissolution complète du comprimé (8 à 10 minutes) afin que le principe actif soit totalement libéré ;
          • placer un second comprimé avant le 2e rapport sexuel en cas de rapports multiples ;
        • Tampon vaginal (60 mg)
          • Doit être placé dans le vagin avant les rapports, quelle que soit la période du cycle.
          • La protection est immédiate et dure 24 heures.
          • Le tampon n'a pas besoin d'être changé pendant cette période, même si plusieurs rapports se succèdent.
            Le retrait du tampon peut avoir lieu 2 heures après le dernier rapport. Dans tous les cas, le tampon doit être retiré au plus tard 24 heures après la mise en place.
          • Immédiatement après les rapports, seule une toilette externe, à l'eau pure ou avec le pain moussant au chlorure de benzalkonium, est possible. Attendre 2 heures au moins si l'on veut faire une irrigation vaginale à l'eau pure, qui risque d'éliminer le produit.
            Attention : lorsque le tampon est en place, les bains (baignoire, mer, piscine) sont à éviter en raison du risque de dilution du spermicide.
        • Crème unidose (tube de 54 mg) :
          • Le canule unidose doit être introduit aussi profondément que possible dans la cavité vaginale, puis presser les parois pour expulser le contenu.
            L'application est facilitée par la position allongée.
            En cas de rapports itératifs, mettre en place une seconde unidose.
            La protection est immédiate et dure 10 heures au moins.
            Immédiatement après les rapports, seule une toilette externe, à l'eau pure, est possible.
        • Crème vaginale (1,2 %)
          • Voie vaginale.
            Déposer la crème au fond du vagin à l'aide de l'applicateur.
            L'application est facilitée par la position allongée.
            La protection est immédiate et dure 10 heures au moins.
            En cas de rapports multiples, remettre de la crème à l'aide de l'applicateur.
            Immédiatement après les rapports, seule une toilette externe, à l'eau pure, est possible.
          • Cette forme est utilisé aussi en association avec les obturateurs féminins contraceptifs (capes cervicales et diaphragmes vaginaux contraceptifs) et les préservatifs.
        • Ovule (18,9 mg) :
          • En position allongée, l'ovule doit être placé au fond du vagin 5 minutes avant les rapports. Attendre la fusion complète afin que le principe actif soit totalement libéré.
            En cas de rapports itératifs, mettre en place un autre ovule.
            La protection est assurée pendant 4 heures.
            Immédiatement après les rapports, seule une toilette externe, à l'eau pure, est possible.
        • Capsule vaginale (18,9 mg) :
          • Utilisation systématique avant chaque rapport, quelle que soit la période du cycle.
            En position allongée, placer la capsule vaginale au fond du vagin 10 minutes avant tout rapport sexuel, ce qui permet la fusion complète et ainsi la libération totale du principe actif.
            En cas de rapports itératifs, mettre en place une autre capsule vaginale.
            La protection est assurée pendant 4 heures.
            Immédiatement après les rapports, seule une toilette externe, à l'eau pure, est possible.

    • Miristalkonium chlorure :
      • Mode d'action (mentions légales - Vidal des médicaments) :
        Le chlorure de miristalkonium exerce une action inhibitrice et destructive des spermatozoïdes.
        Le principe actif provoque un gonflement au niveau de la membrane de la tête du spermatozoïde qui amène la rupture de celle-ci en moins de 10 secondes (J. Gazave 1971). Il possède de plus une activité dénaturante sur certains enzymes glycolytiques et respiratoires du spermatozoïde, ce qui perturbe la mobilité de ce dernier, ainsi que sur l'acrosine, ce qui rend improbable la pénétration de l'ovule par le spermatozoïde (Y. Menezo, D. Monget, J.-F. Guerin).

    • Nitrate phénylmercurique et acétate phénylmercurique (calssé comme dangereux par FDA).

    • Nonoxynol-9 :
      Spermicide surfactif non ionique.

    • Menfegol

    • Triton X-100

    • Les agents fortement acides :
      Ou les spermicides verts (en rapport avec la tendance écologique en fort développement de nos jours)
      • Ce sont des spermicides dont l'agent actif est un acide organique : acide lactique, acide citrique, acide tartrique...
      • Ils agissent en immobilisant les spermatozoïdes.

    • Aryl-4-guanidino-benzoate (AGB) :
      Un des plus puissant inhibiteurs de l'acrosine des spermatozoïdes, c'est-à-dire le protéase spécifique jouant un rôle essentiel dans la réaction acrosomale du spermatozoïde et dans sa pénétration dans l'ovule au moment de la fécondation. Donc ce n'est pas un spermicide, mais certains auteurs ont proposé (Quigg et al) de l'utiliser dans des éponges vaginales contraceptives, en association ou non avec nonoxynol-9.

Auteur : Dr Aly Abbara
Dernière mise à jour : 18 Novembre, 2012

  • Références :
    • Vidal des médicaments version électronique 2010.
    • Mimoun Sylvain (Petit Larousse de sexualité - 2007)
      D. Serfaty, J.-C. Colau, R. Gabriel, P. Madelenat, R. Sitruk-Ware " Contraception " - Livre " Traité de gynécologie " dirigé par Hervé Fernandez. p:475- Médecine-Sciences - Flammarion - 2005.
    • David Serfaty " La Contraception " - Doin Éditeurs- Paris - 1992.
    • A. Netter, H. Rozenbaum. " Hsitoire illustrée de la contraception de l'Antiquité à nos jours ". Les Edittions Roger Dacosta - Paris - 1985.

 
   

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