Le diaphragme vaginal contraceptif
Auteur : Dr Aly Abbara

  • Le diaphragme vaginal :
    Décrit pour la première fois en 1882 par Hasse (sous le pseudonyme de Mensinga), un gynécologue allemand. Il fut connu ensuite en Hollande et en Angleterre sous le nom de " Dutch Cap ". Sanger l'introduisit aux USA au début du XXe siècle.

    Il s'agit d'une fine membrane étanche en silicone ou en latex naturel, en forme de cupule (ou dôme) maintenue par un anneau souple. Il joue le rôle d'un moyen de contraception non hormonal, car une fois bien installé dans le vagin, il fonctionne comme un obstacle empêchant les spermatozoïdes d'atteindre le col utérin puis l'utilisation toujours associée d'un spermicide augmente son efficacité contraceptive.
    Dans les anciens modèles de diaphragme vaginal, le dôme en latex ou en caoutchouc mou était maintenu en périphérie par des ressorts spiralés ou lames métalliques souples gainés du même latex ou caoutchouc ce qui donnait au diaphragme une certaine souplesse et difformité temporaire lors de la mise en place dans le vagin.

    Le diaphragme vaginal fait partie de la classe des contraceptifs locaux mécaniques connus sous le nom des obturateurs féminins. Dans cette classe on trouve aussi les capes cervicales (utilisées encore de nos jours) puis les vimules (obturateurs rigides à bord plat) et les voûtes vaginales (obturateurs à bord épais et mousse puis un centre plus fin ; elle se fixaient sur le dôme vaginal comme une ventouse). Ces deux derniers modèles sont complètement abandonnées.

  • Le diaphragme vaginal existe en multiples tailles pour s'adapter aux dimensions du vagin ; généralement le diamètre des diaphragmes disponibles dans les pharmacies varie de 50 à 90 mm (50, 55, 60, 65, 70, 75, 80, 85, 90).

  • C'est la femme elle-même (bien sûr après une séance d'apprentissage) qui pose et retire le diaphragme. Il est réutilisable plusieurs années.

  • Le diaphragme ne peut être délivré qu'en pharmacie et sur prescription médicale faite par un médecin ou une sage-femme.

  • C'est le médecin ou la sage-femme prescripteur qui doit réaliser, avant l'administration d'un diaphragme vaginal contraceptif, un examen gynécologique dans le but :
    • D'écarter toute contre-indication à l'utilisation du diaphragme vaginal contraceptif : un prolapsus génital, hystérocèle, colpocèle, aplatissement de la fossette rétro-symphysaire, toute anomalie de position du col ne permettant pas l'emplacement correct du diaphragme.
      Le diaphragme ne doit pas être utilisé chez la femme qui paraît incapable de le poser ou de le retirer elle-même.


    • De procéder à trouver la bonne taille du diaphragme vaginal : pour cela le prescripteur doit disposer d'un kit de mesure composé de diaphragmes vaginaux de toute taille.
      Il existe des kits contenant chacun 5 diaphragmes vaginaux de mesure en silicone, stérilisables à l'autoclave à 121° C durant 20 à 30 minutes, et mesurant 85, 80, 75, 70 et 65 mm de diamètre. Il existe aussi un ensemble de 5 anneaux à usage unique mesurant aussi 85, 80, 75, 70 et 65 mm de diamètre.

      La détermination de la taille du diaphragme vaginal est très importante, parce que de cela dépend l'efficacité de ce diaphragme et du confort ressenti.
      En effet, un diaphragme trop petit laisse trop d'espace entre le diaphragme et la symphyse pubienne, cela est une source d'échec (fausse route entre le diaphragme et la paroi antérieure du vagin permettant au pénis d'atteindre le col utérin), puis l'expulsion involontaire.
      Un diaphragme trop grand
      est une source de gêne en raison de la mise en tension du cul-de-sac postérieur, puis il peut provoquer aussi une dysurie par la pression sur l'urètre au niveau de la fossette rétro-pubienne ; enfin le trop grand diaphragme vaginal est difficile à immobiliser dans le vagin d'où la possibilité d'une fausse route pour le pénis, particulièrement quand l'extrémité inférieure du diaphragme atteint le bord inférieur de la symphyse pubienne, puis cette position augmente le risque d'expulsion du diaphragme lors des efforts.

      La détermination de la taille du diaphragme vaginal commence par la mesure digitale de la longueur de l'espace séparant le fond du cul-de-sac postérieur de la face postérieure de la symphyse pubienne : une fois l'index et le majeur, côte à côte, sont introduits verticalement dans le vagin, on laisse le bout du majeur atteindre le fond du cul-de-sac vaginal postérieur puis on applique le bord latéral de l'index sur l'arc symphysaire, puis on repère avec le pouce le point où l'index se croise avec le bord inférieur de la symphyse ; on retire les doigts du vagin et on mesure la distance entre le bout du majeur et le point de marquage sur l'index ; cette distance correspond à celle qui sépare le fond du cul-de-sac postérieur de la face postérieure de la symphyse et qui correspond approximativement au diamètre du premier diaphragme vaginal d'essai.

      Pour la mesure d'essai, ainsi que pour la pose du diaphragme par la femme elle-même, il faut plier le diaphragme entre deux doigts de la même main, puis l'introduire dans le vagin jusqu à ce que son extrémité supérieure atteigne le cul-de-sac postérieur, le col utérin doit être à l'intérieur du creux du diaphragme et enfin, son extrémité inférieure doit être basculée vers l'avant pour venir s'appuyer contre la fossette rétro-symphysaire ; le diaphragme de taille adéquate laisse entre son extrémité inférieure (rétro-symphysaire) et la paroi postérieure de la symphyse un peu de jeu, au maximum l'épaisseur du plat de l'index.

      Après la pose d'essai du diaphragme vaginal, il faut laisser la femme faire quelques mouvements (manœuvre de Valsalva, de tousser ou de se déplacer) afin de vérifier si ce diaphragme se déplace, ou au contraire provoque une gêne, sachant que certaines femmes ne sentent pas de gêne même avec un diaphragme trop grand, donc c'est au prescripteur de faire la part des choses et ne pas compter que sur la sensation de gêne pour déterminer la taille la plus adaptée du diaphragme. Il est nécessaire aussi de savoir que lors des excitations sexuelles, le vagin s'élargit et s'allonge et que cette modification anatomique doit être prise en considération lors du choix du diaphragme.

      Une fois bien placé dans le vagin, le diaphragme ne doit pas être ressenti ni par la femme, ni par son partenaire.

  • Pour une efficacité optimale :
    • Pour les premières utilisations, il est préférable d'utiliser un autre moyen de contraception en association avec le diaphragme vaginal.
    • Le diaphragme vaginal doit être posé systématiquement avant chaque rapport, même en dehors de la période de fécondité (donc pas de jours sans risque de grossesse tout au long du cycle menstruel).
    • Il faut toujours utiliser le diaphragme avec un gel spermicide (environ une noisette à déposer dans le creux du diaphragme avant son introduction dans le vagin).
    • Le diaphragme peut être introduit dans le vagin juste avant le rapport, mais pas plus deux heures avant ce rapport.
    • La femme doit contrôler le bon positionnement du diaphragme après son introduction dans le vagin (elle doit s'assurer aux doigts que le col utérin est à l'intérieur du creux du diaphragme et que ce diaphragme recouvre bien la paroi antérieure du vagin entre le cul-de-sac postérieur et la fossette rétro-symphysaire).
    • Le diaphragme doit rester en place dans le vagin durant une durée minimale de six heures après le dernier rapport, huit heures est mieux (le délai exigé par certains fabricants). Une fois ce temps minimal est fini, le diaphragme vaginal doit être retiré.
    • Ne pas prendre de bain ou douche durant les six à huit heures après un rapport sexuel.
    • En cas de rapports sexuels consécutifs, il ne faut pas enlever le diaphragme, au contraire, il est possible de rajouter du gel spermicide à l'extérieur du diaphragme sur sa périphérie.
    • Le diaphragme peut être gardé en place dans le vagin jusqu'à 24 heures consécutives mais jamais plus, car sa présence prolongée, de plus de 24 heures peut être à l'origine de phénomènes infectieux pelviens et/ou généraux.
    • Au moment du retrait du diaphragme, il faut vérifier qu'il était bien en place dans le vagin, sinon il faut prendre les dispositions nécessaires qui consistent à vérifier la survenue d'une grossesse plus tard.
    • Une fois extrait du vagin, le diaphragme doit être lavé à l'eau tiède avec un peu de savon, puis séché et rangé. Le diaphragme en silicone peut être bouilli si besoin.
    • Un diaphragme en silicone bien entretenu, peut être réutilisé durant plusieurs années (certains fabricants indiquent une durée de vie de plus de 5 ans).
    • En cas de perte ou de gain de plus de 4,5 kg du poids corporel, ou après un accouchement ou tout événement susceptible de modifier la profondeur du cul-de-sac postérieur (chirurgie vaginale ou pelvienne), il est nécessaire de revérifier et réadapter par le médecin la taille du diaphragme vaginal aux nouvelles dimensions et morphologie du vagin.
    • Le diaphragme vaginal ne protège pas contre les maladies sexuellement transmissibles.
    • L'efficacité du diaphragme est comparable aux moyens de contraception locale quand il est bien utilisé (taille adaptée, consignes d'utilisation précédentes bien respectées).
      Selon Mimoun Sylvain (Petit Larousse de sexualité - 2007), l'indice de Pearl pour les diaphragmes vaginaux varie entre 1,4 (lorsque ils sont posés à chaque rapport sexuel) et 5.
      Pour Serfaty David, le taux d'échec est de l'ordre de 5 pour 100 années-femme après 12 mois d'utilisation (indice de Pearl) ; le taux donné par la littérature varie entre 3,6 à 14,4 pour 100 années-femme.


Auteur : Dr Aly Abbara
Dernière mise à jour : 15 Février, 2010

  • Références :
    • Mimoun Sylvain (Petit Larousse de sexualité - 2007)
      D. Serfaty, J.-C. Colau, R. Gabriel, P. Madelenat, R. Sitruk-Ware " Contraception " - Livre " Traité de gynécologie " dirigé par Hervé Fernandez. p:475- Médecine-Sciences - Flammarion - 2005.
    • David Serfaty " La Contraception " - Doin Éditeurs- Paris - 1992.
    • A. Netter, H. Rozenbaum. " Hsitoire illustrée de la contraception de l'Antiquité à nos jours ". Les Edittions Roger Dacosta - Paris - 1985.
    • Documents de Bivea Medical

 

(livre de gynécologie Obstétrique)
Contraception


Site du Dr Aly Abbara
avicenne.info
mille-et-une-nuits.com