Description des mutilations sexuelles féminines (MSF)
Female genital mutilation (FGM)


Auteur : Dr Aly Abbara
Mise à jour : 23 Février, 2014


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Type de la mutilation de la vulve
Description et commentaires
  • Excision Excision , Excision , Excision , Excision
  • Terme général englobant les mutilations vulvaires suivantes  : circoncision féminine sunnite, clitoridectomie simple et élargie
  • Les exciseuses (ou les forgeronnes) : ce sont les femmes qui effectuent ces mutilations sexuelles sur les filles, les adolescentes et les jeunes femmes, bien sûr sans aucune qualification médicale.
  • Circoncision féminine (dite sunnite ou à minima) Excision
  • Uniquement l'ablation du prépuce clitoridien tout en conservant le clitoris.
  • La circoncision féminine sunnite ne perturbe pas la fonction sexuelle et reproductive de la femme, mais en raison de l'âge très bas des fillette qui subissent cette mutilation, les lésions de clitoris sont difficilement évitables.
  • Nymphotomie
  • Incision des petites lèvres (les nymphes)
  • On peut ajouter à cette catégorie l'étirement des lèvres et la cautérisation par brûlure.
  • Nymphectomie partielle ou totale Excision , Excision , Excision
  • Clitoridotomie Excision
  • Incision de clitoris
  • On peut ajouter à cette catégorie :
    • les piqûres, les perforations  et l'étirement du clitoris et/ou des lèvres ; 
    • la cautérisation par brûlure du clitoris et du tissu avoisinant; 
  • Clitoridectomie simple Excision
  • Amputation partielle ou totale du clitoris.
  • N’empêche pas les relations sexuelles ni l’accouchement.
  • Clitoridectomie élargie Excision , Excision , Excision
  • La clitoridectomie est accompagnée d’une excision partielle ou totale des petites lèvres.
  • N’empêche pas les relations sexuelles ni l’accouchement.
  • Infibulation (de fibule) partielle
    Excision
  • Association de : 
    • clitoridectomie ; 
    • excision des petites lèvres ;
    • infibulation limitée aux 2/3 supérieurs des grandes lèvres.
  • Nécessite une désinfibulation  pour l’accouchement
  • **Infibulation large appelée aussi l'infibulation pharaonique (ou soudanaise)
    Excision
  • Association de :
    • clitoridectomie ; 
    • ablation des petites lèvres ; 
    • incision presque totale des grandes lèvres, puis leur suture l’une à l’autre, couvrant l’urètre et l’entrée du vagin et ne laissant qu’un minime pertuis très postérieur pour le passage de l’urine et des règles.

  • L'infibulation nécessite une désinfibulation avant tout rapport sexuel

  • La désinfibulation consiste à sectionner la cloison (formée par l'accolement des grandes lèvres sur la ligne médiane) pour permettre l'accès à l'orifice externe du vagin et par conséquence pour permettre la pratique des rapports sexuels vaginaux et l'accouchement.
    La désinfibulation permet aussi de libérer le méat urinaire et retrouver une miction urinaire normale.
  • Cette désinfibulation doit être réaliser par un chirurgien, mais dans certains pays, ce sont les exciseuses qui effectuent l'infibulation puis elles réalisent plus tard la désinfibulation dans des conditions atroces, avec les risques de l'hémorragie sévère et de l'infection.
  • Suite à la désinfibulation, il est habituelle de demander au couple d'avoir des relations sexuelles fréquentes pour éviter l'accolement et ré-infibulation secondaire.
  • Ré-infibulation
  • Nouvelle suture des grandes lèvres après séparation du conjoint (par décès, divorce...) ou dans certains cas après l'accouchement  sous le prétexte que les relations sexuelles sont plus agréables pour l’homme si ces femmes ont été «opérées», et qu’il n’est pas concevable d’avoir « la vulve exposée ».
  • Introcision
  • Consiste à élargir l'entrée du vagin par une ou plusieurs incisions de l'hymen et l'orifice vaginal, mais parfois ces incisions dépassent ces limites pour atteindre la vulve voire le périnée.
  • Les victimes sont souvent des filles-femmes qui ne peuvent pas être pénétrées par leurs maris adultes sans cette mutilation.
  • Angurya cuts 
  • Grattage de l'orifice vaginal 
  • Gishiri cuts
  • Introduction de substances corrosives ou de plantes dans le vagin.
  • Pour  provoquer des saignements ou pour resserrer ou rétrécir le vagin 
  • Les mutilations sexuelles féminines (MSF), recouvrent toutes les interventions incluant l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou la lésion des organes génitaux féminins pratiquée pour des raisons culturelles ou religieuses ou pour toute autre raison non thérapeutique.
  • Les pratiques qui visent à allonger le clitoris et les petites lèvres dans le but d'accentuer le plaisir sexuel sont considérées comme des mutilations sexuelles par l'O.M.S.
 
La forme la plus courante de mutilation sexuelle féminine est l'excision du clitoris et des petites lèvres, pratiquée dans presque tous les cas (jusqu'à 80 %) ; la forme la plus extrême est l'infibulation, pratiquée dans 15 % environ des cas.
  • Infibulation :
    • Opération faite dans le but d'empêcher les rapports sexuels et consiste à passer un anneau (fibule )
      • chez l'homme, à travers le prépuce ramené sur le gland,
      • chez la femme, à travers les petites et grandes lèvres.
    • Mais chez la femme, l'infibulation est aussi l'ablation totale ou partielle du clitoris, des grandes lèvres et des petites lèvres.
      • La cicatrisation naturelle ou la suture des parties restantes des grandes lèvres, l'une à l'autre entraîne la fermeture de la vulve en ne laissant qu'un petit trou permettant l'écoulement des urines et du sang menstruel.

  • Parmi les complications de l'infibulation et les autres mutilations sexuelles :
    • Les complications immédiates et à court terme après la réalisation de l'acte mutilant :
      • en premier lieu la douleur...
      • l'hémorragie qui peut être très grave en raison de la riche vascularisation de la vulve, le choc hémorragique et le décès sont possibles, puis l'anémie plus ou moins sévère chez les survivantes ;
      • l'infection localisée au niveau des organes sexuels externes, organes sexuels profonds, organes avoisinants et l'infection généralisée puis le choc septique et le décès.
        Vu le type d'instruments utilisés (couteaux, lames de rasoir et ciseaux) et vu les conditions hygiéniques, les abcès, les cellulites, les gangrènes gazeuses et la tétanos sont possibles.
      • Les lésions traumatiques des organes avoisinants (vagin, rectum, méat urinaire, urètre, vessie...) peuvent se voir aussi.
    • Les complications à long terme :
      • la fermeture totale de l'orifice vaginal externe empêche l'écoulement du sang des règles qui s'accumule dans le vagin et forme une collection appelée (un hématocolpos) contenant du sang liquide, épais d'aspect chocolaté.
      • Les kystes vulvaires :
        • les kystes épidermoïdes par inclusion de l'épiderme : dans la région clitoridienne ou d'autre zone vulvaire ;
        • les kystes des glandes vulvaires par l'inflammation des glandes et l'obturation de leurs canaux évacuateurs ; c'est le cas au niveau de la glande de Skéne et de la glande de Bartholin où on peut voir des skénites chroniques et des batholonites chroniques, des kystes et des abcès de la glande de Skéne et de Bartholin. Enfin les kystes de la glande de Skéne peuvent être à l'origine de dysurie (difficulté à uriner) et de rétention urinaire par compression et obstruction de l'urètre et le méat urétral.
      • Des cicatrices épaisses chéloïde et des névromes entraînant des :
        • douleurs vulvaires chroniques
        • sclérose, rétraction vulvo-vaginales et inesthétisme de la région vulvo-périnéale ;
        • dyspareunie vulvaire ;
        • dysménorrhée
        • dystocies obstétricales lors du dégagement fœtal à l'accouchement (voire de la rétention de la tête dernière lors de l'accouchement par le siège) puis le risque de déchirures importantes, vulvaires, périnéales, vaginales sans oublier les fistules de toutes sortes (recto-vaginales, recto-périnéales, vésico-vaginales et complexes dites africaines) puis les incontinences urinaires et les incontinences fécales. Ces complications peuvent être aussi la suite immédiate de l'acte mutilant comme c'est le cas dans les introcisions qui ne connaissent pas de limites.
      • Les infections :
        • Dans les infibulation, la miction urinaire est le drainage vaginal sont perturbés et l'hygiène vulvaire quotidienne correcte est impossible à réalisée ; ces éléments favorisent les infections urinaires (urétrite, cystite, pyélonéphrite...), les infections génitales basse (vulvite, bartholinite, skénite, vaginite, cervicite) et les infections génitales hautes (endométrite, salpingite, annexite...) ;
          L'utilisation des instruments (ciseaux, couteaux, lames de rasoir...) à multiples reprises et chez plusieurs personnes favorise la transmission de certaines maladie grave comme le sida, l'hépatite virale B et C...
      • Les troubles d'ordre sexuel
        • Elles sont évidents, dus au précédents complications et aussi ils sont le résultat immédiat de la perte d'organes nobles jouant un rôle capital dans la sexualité (clitoris, nymphes = petites lèvres, grandes - lèvres, vestibule vulvaires...)
      • Les troubles psychologiques
        • Elles sont fréquentes et inévitables après de telles mutilations.

  • Certaines auteurs ont décris des interventions chirurgicales réparatrices visant à restaurer le clitoris chez les femmes ayant subi une excision rituelle. Cette chirurgie réparatrice vise à remettre en évidence les parties enfuies du clitoris et qui n'ont pas été sectionnées lors de l'acte mutilant, puis avec ces éléments restant reconstituer un massif clitoridien normalement innervé et en position anatomique habituelle. Ce type d'interventions, soutenue par une prise en charge psychologique et sexuelle, permet chez ces femmes de redonner à la zone clitoridienne de la vulve une certaine sensibilité sexuelle, puis un certain aspect se rapprochant de la normale et par conséquence une certaine confiance en soi.
  • Bibliographie :
    • Pierre Foldes, BJ, Paniel. Réparation après mutilation sexuelle. Huitième journées parisiennes d'endoscopie, de Chirurgie et de Gunécologie (26-27 janvier 2005). Livre des résumés, p: 57.
    • Philippe HJ, et Safaï K. Mutlilation génitales féminines. Encycl Méd Chir (Editions scientifiques et Médicales, Elsevier SAS, Paris, tous droits résérvés), Gynécologie, 195-A-10, 2003, 6p.
    • La communication du Dr Toubia (Soudan; Professeur Associé à Columbia University NY, USA)
    • GynForm, Numéro 5, Novembre 1994. Page 55-56.
    • Pathologie de la vulve et du vagin. Bernard BLANC. Vigot (1992) ; (157)
    • Dictionnaire Larousse.
    • Site de l'O.M.S..
   

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