- Définition
:
- Développement de l'uf fécondé
en dehors de la cavité utérine, ce développement
peut avoir comme localisation :
- la trompe utérine (grossesse
tubaire)
, ,
,
; la grossesse peut être implantée :
- soit dans la portion interstitielle de la trompe,
alors elle est appelée (grossesse
interstitielle
,
ou
grossesse angulaire ) ;
- soit dans la portion isthmique de la trompe (
), il
s'agit de la grossesse
tubaire isthmique 
- soit dans la portion moyenne de la trompe
,

- soit dans la portion ampullaire de la trompe (grossesse
tubaire ampullaire)
,
- soit dans la portion distale de trompe, près
du pavillon tubaire
, , 
- et enfin, la grossesse tubaire peut se compliquer par la formation d'un hématosalpinx (hématome de la trompe) d'une taille variable allant de quelques centimètres jusqu'à l'extension sur la totalité de la trompe (gros hématosalpinx
).
- l'ovaire (grossesse
ovarienne) ;
- le col de l'utérus
(grossesse cervicale)
, ;
- la paroi musculaire de l'utérus,
c'est-à-dire le myomètre (grossesse
intra-murale)
; 
- la cavité abdominale (grossesse
abdominale) ;
- il existe des localisations très rares sur d'autres
organes intra-abdominaux comme le foie...
- l'association de la grossesse intra-utérine
avec la grossesse extra-utérine est appelée
la grossesse hétérotopique ou ditopique
, 
- Abréviation :
GEU
- Synonyme :
Grossesse
ectopique.
- Manifestations cliniques :
- La grossesse extra-utérine est une pathologie grave
qui peut mettre en danger la vie de la femme ; sa gravité
vient du fait qu'elle peut provoquer une hémorragie
interne parfois fatale :
- par un avortement interne
complet ou incomplet, c'est-à-dire l'expulsion
partielle ou totale de la grossesse extra-utérine
de l'organe porteur vers la cavité abdominale (les
cas les plus souvent rencontrés sont les expulsions
des grossesses tubaires ou se qu'on appelle les avortements
tubo-abdominaux complets ou partiels) ;
- par la rupture et l'éclatement
de l'organe porteur de la grossesse extra-utérine.
- Dans les
formes typiques de la grossesse extra-utérine tubaire,
la patiente présente les symptômes et
les signes suivants :
- retard de règles ;
- métrorragies
;
- douleurs en bas du ventre (douleurs pelviennes) ; de
temps en temps irradiant vers l'anus et/ou la face
interne de la cuisse et le genou ;
- test de grossesse positif ;
- examen gynécologique douloureux (en particulier
le toucher vaginal profond) ; avec parfois la palpation
d'une masse avoisinant l'utérus qui est lui-même
de taille d'un utérus non gravide (qui ne porte
pas de grossesse) ;
- À l'échographie
:
- pas de grossesse intra-utérine identifiable
;
- l'endomètre est habituellement peu épais dans les grossesses extra-utérines ,
, ; le plus souvent, il ne mesure que quelques millimètres, mais un endomètre épaissi (15 à 25 mm, comme c'est le cas dans les grossesses intra-utérines débutantes ), voire très épaissi , n'exclut pas le diagnostic de grossesse extra-utérine.
- la présence à proximité de
l'utérus d'une masse évoquant, pour l'échographiste,
le diagnostic d'un hématosalpinx (un
hématome ou une collection du sang dans la
trompe
, ) de forme oblongue ou arrondie ( , ) et de taille variable allant de quelques cm à plus de 10 cm, ), et de temps en temps on peut identifier de
façon claire le sac de la grossesse (sac gestationnel , , , ).
Dans le sac gestationnel ectopique on peut parfois identifier certains éléments anatomiques du produit de la grossesse (le trophoblaste, la vésicule ombilicale, et plus exceptionnellement l'embryon , ; ou le fœtus mort ou vivant), mais dans certains cas, on peut constater qu'il s'agit d'un œuf clair sans aucune formation embryonnaire
et exceptionnellement, une grossesse môlaire extra-utérine ;
- enfin, il est possible de mettre en évidence
un épanchement
plus ou moins important dans
la cavité abdominale et qui témoigne le plus souvent de la présence d'une hémorragie interne.
- En
combinant l'échographie aux dosages de hCG
plasmatique, il est admis qu'une grossesse évolutive
intra-utérine est visible :
- par l'échographie
par voie abdominale à partir d'un taux
plasmatique de hCG
égale ou supérieur à
2500 mUI/ml ;
- par l'échographie
par voie endovaginale à partir d'un taux
plasmatique de hCG
égale ou supérieur à 1500
mUI/ml
- Certains auteurs préconisent de réaliser devant toute suspicion de grossesse extra-utérine et de manière standarisée cinq clichés échographiques : une coupe sagittale de l'utérus, une coupe transversale de l'utérus, une coupe de chaque ovaire et enfin une coupe de l'espace de Morison à la recherche d'un hémopéritoine (épanchement).
- Mais la grossesse extra-utérine peut prendre des
formes cliniques très variables et parfois trompeuses
; pour l'exemple on peut citer :
- Les formes d'emblée graves (douleur abdominale
ou pelvienne d'apparition brutale comme un coup de poignard
et malaises, voire état de choc avec chute de tension
artérielle...) si la prise en charge est retardée,
il existe un risque fatal ;
- Les formes ressemblant à l'avortement
spontané d'une grossesse intra-utérine
(pseudo avortement), car
la patiente, au cours d'une métrorragie et
de douleur pelvienne, peut expulser par la voie génitale
naturelle, une quantité importante de débris
qui ressemblent, à l'examen à l'œil nu,
aux débris d'un avortement spontané, mais
en effet, ces débris ne sont que des débris
provenant de l'endomètre
(appelé dans ce cas : la
caduque) après avoir subi des modifications
particulières sous l'effet des hormones sécrétées
par le
corps jaune.
- Des formes trompeuses parce que, il n'y a pas du retard
de règles ou seulement retard de quelques jours
; dans ces cas particuliers, les patientes signalent des
règles inhabituelles par leur durée, leur
abondance, leur aspect ou par la présence d'autres symptômes
associés ;
- Des formes qui sont découvertes tardivement
par la présence d'une anémie et d'une masse
située derrière l'utérus (appelée
hématocèle, c'est-à-dire une collection
du sang ou un hématome qui s'est formé lentement
par une hémorragie interne continue à faible
débit) ;
- Les formes paucisymptomatiques, c'est-à-dire
qui donnent peu de signes et symptômes ;
- Enfin des formes asymptomatiques et qui sont découvertes
fortuitement lors d'un examen clinique ou échographique
dans le cadre de l'exploration d'une grossesse qui semble
cliniquement normale
.
- Devant cette variété de formes cliniques et
devant la gravité de la maladie dans certains cas,
il faut que le médecin pense à cette pathologie
chez toute femme en période d'activité génitale
et se plaignant :
- de douleurs abdominales, même minimes ;
- de troubles inhabituels des règles ;
- devant chaque avortement spontané sans arguments
échographiques clairs prouvant qu'il s'agissait
d'une grossesse intra-utérine ;
- dans ce cadre il est conseillé que toute I.V.G.
soit précédée par un examen échographique
qui permet de vérifier la localisation de la grossesse en
même temps que la détermination de son âge
et de sa viabilité.
- Il faut informer les femmes à risque de grossesse
extra-utérine des symptômes et des signes
de cette pathologie pour qu'elle consulte son médecin
le plus rapidement possible dès qu'un symptôme ou un signe apparaît.
Les femmes à haut-risque
de grossesse extra-utérines sont :
- les femmes ayant dans leurs antécédents
- une grossesse extra-utérine ;
- une infection génitale
haute ;
- une plastie tubaire ;
- une intervention chirurgicale nécessitant
l'ouverture de la cavité abdominale ;
- une I.V.G. (interruption
volontaire de grossesse) ;
- un tabagisme.
- chez les femmes utilisant un de ces moyens de contraception
:
- Le traitement actuel
de la grossesse extra-utérine est :
- Abstention
thérapeutique (surveillance simple = surveillance clinique et échographique avec deux dosages plasmatique de hCG par semaine jusqu'à négativation totale) :
Statistiquement 20 % des grossesses extra-utérines
régressent spontanément, mais le traitement
qui consiste à surveiller la patiente sans procéder
à un traitement médical ou chirurgical est
réservé aux patientes asymptomatiques (sans symptômes), chez lesquelles les explorations cliniques et les dosages sanguins (hCG
et pour certains centres, le taux de progestérone plasmatique) prouvent qu'il s'agit d'une
grossesse extra-utérine inactive ou peu active et
en régression spontanée.
Selon :"C.Huchon, T. Popowski, F. Lécuru, A. Fauconnier - Gynécologie pratique et obstétrique - n° 230 - décembre 2010. p:1;2" :
la surveillance
simple ne peut être choisie que chez les patientes qui ne présentent pas d'élément embryonnaire à l'échographie initiale et de plus, le taux de hCG plasmatique doit être inférieur à 3000 UI:L et enfin, le ratio d'hCG contrôlé à 48 heures sur le taux d'hCG initial doit être < 0,8. La patiente doit être compliante au suivi puis la possibilité de consulter rapidement et d'être hospitalisée si cela s'avère nécessaire.
Dans ce cas-là, les taux d'hCG
chez la patiente peuvent être comparés à
la courbe de la régression du taux d'hCG
plasmatique chez les patientes ayant eu une grossesse extra-utérine
tubaire avec :
- Pratique clinique montre qu'une grossesse extra-utérine, même avec des valeurs très basses du taux de β-hCG plasmatique, constitue toujours une menace pour la vie de la patiente, d'où l'intérêt d'être toujours vigilant devant toute grossesse extra-utérine, et cela jusqu'à la négativation du dosage de β-hCG plasmatique et la disparition totale des symptômes et signes cliniques et d'imagerie.
- Traitement chirurgical :
- soit par laparotomie
(chirurgie classique par ouverture de la paroi abdominale)
dans :
- les cas graves avec altération de l'état
général de la patiente ;
- en cas de contre-indication à la cœlioscopie
(chirurgicale ou anesthésique) ;
- échec de la réalisation du traitement
chirurgical par voie cœlioscopique en raison du volume
important de la grossesse extra-utérine ou des difficultés
d'accès devant la présence d'adhérences
ou des difficultés à réaliser l'hémostase
(le contrôle des saignements) ;
- dans certaines localisations (grossesse abdominale
ou grossesse angulaire
volumineuse) ;
- si le chirurgien juge que le matériel cœlioscopique
présente des défauts rendant la chirurgie
cœlioscopique dangereuse pour la patiente ;
- enfin, si le chirurgien juge que ses compétences
en chirurgie cœlioscopique ne lui permettent pas de réaliser
l'acte chirurgical par cette voie.
- soit par chirurgie cœlioscopique
dans tous les autres cas.
- L 'acte chirurgical, quand il s'agit d'une grossesse ectopique
tubaire, est variable parce qu'il peut être :
- conservateur :
la trompe porteuse de la grossesse ectopique est conservée
; le chirurgien peut procéder :
- soit à une expression sur la trompe permettant
l'expulsion en dehors de la trompe la grossesse
ectopique ou ses débris qui sont restés
dans la lumière tubaire après une
expulsion spontanée et incomplète
;
- soit à une salpingotomie (césarienne tubaire)
qui consiste à inciser
la paroi de la trompe pour extraire la grossesse
ectopique contenue dans sa lumière par expression
ou aspiration.
- radical : c'est-à-dire,
l'ablation de la trompe (salpingectomie) ; les indications
sont :
- les volumineuses grossesses tubaires de plus
de 5 à 6 cm de diamètre ;
- l'altération importante de la trompe (rupture
ou prérupture tubaire) ;
- en cas de récidive de la grossesse tubaire
du même côté ;
- si la grossesse tubaire est à l'origine
d'importante hémorragie interne ;
- si, au cours de la même intervention, le
contrôle de l'hémostase est imparfait
après une tentative d'un traitement chirurgical
conservateur ;
- en cas d'échec du traitement conservateur
réalisé lors d'une précédente
intervention.
- Il existe un score
thérapeutique chirurgical de la grossesse extra-utérine
permettant au chirurgien de choisir la technique chirurgicale
la plus adaptée pour la patiente en fonction
du degré de l'altération de sa
fertilité.
- Traitement médical
- par l'administration d'un traitement antimitotique
(qui arrête la division cellulaire au niveau des
cellules qui constituent la grossesse ectopique). Il
s'agit du méthotrexate à une dose de 1 à
1,5 mg/kg en intra-musculaire (50 mg/m² de la surface
corporelle) ou en injection locale dans la masse de la
grossesse ectopique, soit au cours d'une cœlioscopie ou
sous contrôle échographique si cette grossesse
ectopique est identifiable avec ce moyen d'investigation.
- Le méthotrexate peut être associé
à l'antiprogestérone appelée (RU
486), ce qui améliore nettement les résultats
en ce qui concerne le taux de succès.
- Le traitement médical est réservé
aux patientes porteuses de grossesse ectopique
:
- peu symptomatique ;
- peu active (faible taux de bêta-hCG, faible
taux de progestérone plasmatique c'est-à-dire
un taux inférieur à 5 ou 10 nanogrammes/millilitre)
;
- peu volumineuse (moins de 3 ou 4
cm de diamètre dans son grand axe) ;
- ne contient pas un embryon présentant une
activité cardiaque positive ;
- qui n'est pas associée à une hémorragie
interne importante (hémopéritoine de
moins de 100 cc).
- l'absence de contre-indication au méthotrexate est nécessaire.
- Le taux d'échecs du traitement médical est de l'ordre de 20 %.
- Consulter : Score de Fernandez indiquant le traitement médical de la grossesse extra-utérine
- Enfin ce traitement ne peut pas être proposé
que chez les patientes qui ne sont pas angoissées
et qui ont les moyens de comprendre l'intérêt
de ce type de thérapie et qui sont capables de
consulter rapidement le médecin en cas d'apparition
de nouveaux symptômes ou aggravation des symptômes
déjà présents.
- L'efficacité du traitement médical de
la grossesse extra-utérine peut être évaluée
par :
- les symptômes que la patiente peut décrire
car une aggravation ou une apparition de nouveaux
symptômes témoignent d'un éventuel
échec nécessitant de consulter rapidement
un centre médical ;
- l'examen clinique et l'exploration échographique
réguliers qui permettent de repérer les probables
échecs du traitement ;
- enfin les dosages réguliers des taux de
hCG
plasmatique (hormone sécrétée
par les cellules trophoblastiques qui font partie
des constituants de la grossesse).
Les remarques concernant
les dosages des taux de hCG
sont :
- Le traitement médical peut comporter des risques dus à la toxicité du méthotrexate
qui est essentiellement :
- hématologique (thrombopénie :
diminution de la numération des plaquettes
dans le sang ; leucopénie ou diminution
de la numération des globules blancs dans
le sang) ;
- digestive (diarrhée, somatite ou inflammation
des muqueuses de la cavité buccale)
- hépatique (au niveau du foie).
- Le fait d'administrer le méthotrexate en
une seule injection diminue énormément
sa toxicité et ses
effets secondaires.
- Les contre-indication du traitement par méthotrexate dans la prise en charge des grossesses extra-utérine :
Référence : C.Huchon, T. Popowski, F. Lécuru, A. Fauconnier - Gynécologie pratique et obstétrique - n° 230 - décembre 2010. p:1;2.
- Absolues :
- Grossesse intra-utérine
- Patiente immunodéprimée
- Troubles hématologiques : anémie, thrombopénie, leucopénie
- pneumopathie évolutive
- Ulcère gastroduodénal
- Insuffisance hépatique
- insuffisance rénale
- Allaitement
- Allergie au méthotrexate
- Relatives :
- Activité cardiaque foetale ectopique à l'échographie
- Taux d'hCG > 5000 UI/l
- Hémopéritoine > '4 cm à l'échographie
- Non compliance de la patiente au suivi
|
|